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RAAI Agriculture
Hydraulique et pneumatique des matériels · cours 3 sur 6 · 5 min de lecture

Distributeurs, vérins et moteurs hydrauliques : F = p × S

Identifier les distributeurs par leur nombre d'orifices et de positions, calculer l'effort d'un vérin en poussée et en traction, expliquer le fonctionnement d'un moteur hydraulique.

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Le distributeur : l'aiguillage de l'huile

Quand tu pousses le levier du chargeur, tu déplaces un tiroir dans un corps de distributeur. Ce tiroir met en relation la pompe (P), le réservoir (T) et les deux orifices de travail (A et B). On nomme un distributeur par ses orifices et ses positions : un 4/3 a quatre orifices et trois positions, la plus courante sur les tracteurs. Sur le schéma, chaque position est un carré ; les flèches montrent où va l'huile. La position centrale définit le comportement au repos : centre fermé (tout bloqué, pour les circuits LS), centre ouvert (P vers T, pour les pompes fixes), centre flottant (A et B vers T, pour laisser un outil suivre le sol). La commande se fait par levier, par câble, ou par électrovannes proportionnelles pilotées depuis la cabine.

Un vérin double effet de 90 mm, tige de 45 mm, dessiné deux fois. En sortie, l'huile à 200 bar remplit le côté fond et pousse sur toute la surface du piston (63,6 cm²) : F = 200 × 63,6 = 12 720 daN, environ 127 kN. En rentrée, elle ne pousse que sur la couronne autour de la tige (47,7 cm²) : F = 200 × 47,7 = 9 540 daN ; en bas, la formule F (daN) = p (bar) × S (cm²) et le rappel qu'à débit égal la tige rentre plus vite qu'elle ne sort.

Le vérin double effet

Le vérin transforme la pression en force et le débit en vitesse. Un vérin double effet reçoit l'huile d'un côté ou de l'autre du piston. Côté fond, l'huile pousse sur toute la surface du piston : S = π × D² / 4. Côté tige, elle ne pousse que sur la couronne autour de la tige : S = π × (D² − d²) / 4. Résultat : le vérin est plus fort en poussée qu'en traction, et sa tige sort moins vite qu'elle ne rentre pour un même débit. Un vérin de relevage de 90 mm de diamètre et une tige de 45 mm a une surface fond de 63,6 cm² et une surface annulaire de 47,7 cm². Sur les chargeurs, le vérin de cavage travaille en traction pour ramener le godet.

Calculer l'effort : F = p × S

La force développée vaut la pression multipliée par la surface. Avec p en bar et S en cm², la formule pratique donne F en daN : F (daN) = p (bar) × S (cm²). Pour passer en newtons, multiplie par 10. Exemple : notre vérin de 90 mm à 200 bar pousse avec 200 × 63,6 = 12 720 daN, soit 127 kN, l'équivalent d'une masse de presque 13 tonnes. En traction, 200 × 47,7 = 9 540 daN. Ces chiffres expliquent pourquoi une fixation de vérin arrachée ou un axe cisaillé ne sont jamais des accidents « de rien » : les forces en jeu sont énormes. Ils te servent aussi au diagnostic : si un vérin de 80 mm alimenté à 160 bar peine à pousser 4 tonnes alors qu'il devrait en développer le double, la pression n'y est pas ou le piston fuit.

Vitesse et temps de sortie

La vitesse de la tige vaut le débit divisé par la surface : v = Q / S. Pour un vérin de 90 mm alimenté à 60 L/min, soit 1 000 cm³/s, la tige sort à 1 000 / 63,6 = 15,7 cm/s. Une course de 60 cm prend donc environ 3,8 secondes. Sur la rentrée, la surface annulaire est plus petite : à débit égal la tige rentre plus vite, mais le retour du côté fond envoie plus d'huile qu'il n'en entre côté tige, ce qui peut saturer le retour. Un chronomètre et une règle te permettent de mesurer la vitesse réelle et d'en déduire le débit effectivement reçu par le vérin : c'est le test le plus simple pour estimer l'état d'une pompe sans débitmètre.

Le moteur hydraulique

Un moteur hydraulique est une pompe qui fonctionne à l'envers : l'huile sous pression le fait tourner. Son couple dépend de la pression et de sa cylindrée, sa vitesse dépend du débit. Les moteurs à engrenages entraînent les ventilateurs, les vis de trémie et les petits organes ; les moteurs orbitaux (à rotor lobé) ont une forte cylindrée et tournent lentement avec un gros couple, idéal pour les roues d'un pulvérisateur automoteur, une transmission de convoyeur ou un tambour d'enrouleur ; les moteurs à pistons à cylindrée variable équipent les transmissions hydrostatiques des télescopiques et des moissonneuses. Un moteur a presque toujours un drain de carter : s'il est bouché, la pression monte dans le carter et chasse le joint d'arbre.

avant d'intervenir sur un vérin, pose la charge au sol ou cale-la mécaniquement. Un distributeur en position centre flottant ou un clapet qui fuit laisse redescendre un chargeur ou un relevage sans prévenir. Ne passe jamais sous un outil tenu seulement par l'hydraulique.

Astuce

pour retrouver la surface d'un vérin sans calculatrice, retiens que D² × 0,785 donne la surface en cm² si D est en cm. Un vérin de 10 cm fait 78,5 cm² ; à 200 bar, cela fait 15 700 daN, soit environ 16 tonnes.
À retenir
  • un distributeur se nomme par ses orifices et ses positions ; sa position centrale dicte le comportement au repos.
  • F (daN) = p (bar) × S (cm²) ; v = Q / S.
  • Un vérin pousse plus fort qu'il ne tire, et sa tige rentre plus vite qu'elle ne sort.

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