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RAAI Agriculture
Pilotage de l'entreprise agricole · cours 4 sur 4 · 5 min de lecture

Enregistrements, traçabilité et cahier de culture

Tenir un cahier de culture, lister les enregistrements obligatoires, expliquer la traçabilité d'un lot de grain, calculer une dose appliquée à partir d'un registre.

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Écrire ce qu'on fait, faire ce qu'on écrit

Un contrôleur arrive sur l'exploitation et demande : « Sur la parcelle Les Grands Champs, qu'avez-vous appliqué le 12 avril ? » Si la réponse est « il faudrait demander au chauffeur », c'est déjà un problème. Chaque intervention doit être enregistrée. Ce n'est pas seulement une contrainte administrative : c'est la mémoire de l'exploitation. Sans enregistrements, impossible de comparer deux années, de savoir pourquoi une parcelle a décroché, de justifier une aide ou de vendre du grain à une filière qualité. Le cahier de culture, papier ou logiciel, est l'outil central de cette mémoire.

Chaîne de traçabilité du grain en cinq étapes : la parcelle, le cahier de culture où chaque intervention est notée (date, produit, dose par hectare), la benne marquée du numéro de parcelle avec la date de récolte et le bon de livraison, la coopérative où le lot de 30 t est pesé, échantillonné et analysé (humidité, PS, protéines, impuretés), puis le silo. Une flèche verte suit le grain ; une flèche orange revient en sens inverse : en cas de problème, on remonte jusqu'à la parcelle, car chaque acteur connaît son fournisseur et son client.

Le registre phytosanitaire

C'est l'enregistrement le plus encadré. Pour chaque traitement, la réglementation impose de noter la parcelle, la culture, la date, le produit commercial et sa dose. Les bonnes pratiques y ajoutent la surface traitée, le volume de bouillie, la cible (adventice, maladie, ravageur) et le nom de l'applicateur, qui doit de toute façon détenir le certificat individuel (Certiphyto). Le registre doit être conservé au moins cinq ans. Il permet de vérifier le respect des doses homologuées, des délais avant récolte (DAR) et des zones non traitées (ZNT) près des cours d'eau et des habitations. Sur une exploitation qui fait quinze à vingt passages par an sur plusieurs cultures, cela représente vite plus d'une centaine de lignes.

Le cahier de fertilisation et la directive nitrates

En zone vulnérable nitrates, ce qui couvre une grande partie des zones de grandes cultures, tu dois établir un plan prévisionnel de fumure avant la campagne et tenir un cahier d'épandage. Pour chaque apport : parcelle, date, type d'engrais ou d'effluent, quantité et unités d'azote apportées. Le plan doit être cohérent avec le bilan azoté et les plafonds régionaux. Les périodes d'interdiction d'épandage, qui dépendent du type de fertilisant et de la culture, et l'obligation de couverture des sols en hiver sont fixées par le programme d'actions nitrates en vigueur : on s'y reporte avant chaque campagne. Ces règles sont régionales et changent : vérifier la réglementation en vigueur.

La traçabilité du grain

Quand tu livres 30 tonnes de blé à la coopérative, le lot est pesé, échantillonné, analysé (humidité, poids spécifique, protéines, impuretés) et rattaché à ton exploitation. La coopérative doit pouvoir remonter du silo jusqu'à ta parcelle en cas de problème sanitaire : résidu de produit, mycotoxine, corps étranger. C'est le sens du règlement européen sur la sécurité alimentaire : chaque acteur connaît son fournisseur et son client. Ton cahier de culture fait le lien entre le lot livré et les interventions réalisées. Un bon de livraison bien rempli, un numéro de parcelle sur chaque benne, une date de récolte notée : c'est la traçabilité en pratique.

Les autres registres à tenir

Au-delà du phyto et de la fertilisation, l'exploitation doit conserver : les factures d'achat de semences, engrais et produits ; les résultats d'analyses de sol ou de reliquats ; le registre du personnel et les fiches de paie s'il y a un salarié ; le carnet d'entretien du pulvérisateur, qui doit passer un contrôle technique périodique (tous les trois ans en ordre de grandeur) ; les documents d'irrigation avec les volumes prélevés si l'exploitation irrigue. Pour une exploitation certifiée (HVE, filière qualité, bio), le cahier des charges ajoute ses propres enregistrements. Range tout par campagne, dans un classeur ou un dossier numérique.

Du registre au pilotage

Les enregistrements ne servent pas qu'au contrôle. Avec un cahier de culture complet, tu peux calculer l'indice de fréquence de traitement (IFT) par parcelle, le coût des intrants à l'hectare, la marge brute par culture. Exemple : blé à 7,8 t/ha vendu 200 €/t, soit 1 560 € de produit, moins 180 € de semences, 320 € d'engrais et 150 € de phyto : la marge brute approche 900 € par hectare, avant aides. Comparer les parcelles entre elles et les années entre elles, c'est ainsi que tu découvres qu'une parcelle drainée gagne 1,5 t ou qu'un troisième fongicide n'a rien rapporté. Les logiciels de gestion parcellaire font ces calculs automatiquement à partir des saisies.

toute intervention avec un produit phytosanitaire se note avec le nom de l'applicateur et son numéro de Certiphyto ; l'applicateur porte les équipements de protection prévus sur l'étiquette et respecte les délais de rentrée dans la parcelle.
À retenir
  • le registre phytosanitaire et le cahier d'épandage sont obligatoires et se conservent au moins cinq ans.
  • La traçabilité relie un lot de grain livré à la parcelle et aux interventions qui l'ont produit.
  • Le cahier de culture est aussi un outil de gestion : IFT, coût des intrants, marge brute par culture.

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