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RAAI Agriculture
Agronomie : sol, climat et plante · cours 3 sur 4 · 5 min de lecture

Nutrition des plantes et fertilisation : N-P-K, bilan azoté et plan de fumure

Nommer les rôles de l'azote, du phosphore et du potassium, convertir un engrais en unités, établir un bilan azoté à partir d'un reliquat, construire un plan de fumure.

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Ce que mange une plante

Une plante fabrique son sucre à partir du CO₂ de l'air, de l'eau et de la lumière. Mais pour construire ses protéines, ses membranes et ses enzymes, elle puise dans le sol des éléments minéraux. Trois d'entre eux sont consommés en grande quantité : l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K). Viennent ensuite le soufre, le magnésium, le calcium, puis les oligo-éléments (bore, zinc, manganèse, cuivre) nécessaires en très petites doses. Une carence se lit sur les feuilles : jaunissement des vieilles feuilles pour l'azote, teinte violacée pour le phosphore, bords des feuilles brûlés pour le potassium. Fertiliser, c'est compléter ce que le sol ne fournit pas, ni plus ni moins.

Le bilan azoté d'une parcelle : reliquat sortie hiver, minéralisation, effluents et précédent cultural d'un côté, besoin de la culture et lessivage de l'autre, d'où se déduit la dose

Azote, phosphore, potassium

L'azote est le moteur de la croissance et du rendement : un blé de 8 t/ha absorbe environ 240 kg d'azote par hectare, soit 3 kg par quintal produit, dont 150 kg environ partent avec le grain. Il est mobile dans le sol, lessivé par les pluies d'hiver sous forme de nitrate, ce qui pollue les nappes. Le phosphore favorise l'enracinement et la floraison ; il bouge très peu et reste stocké dans le sol, souvent bloqué en sol acide ou très calcaire. Le potassium régule l'eau dans la plante et la rend plus résistante à la sécheresse et au froid ; il est retenu par l'argile. Pour P et K, on raisonne à l'échelle de la rotation à partir de l'analyse de sol ; pour N, on raisonne chaque année, culture par culture.

Les unités : lire un sac d'engrais

Un engrais est décrit par trois nombres : le pourcentage d'azote (N), de phosphore (exprimé en P₂O₅) et de potassium (exprimé en K₂O). Un engrais 15-15-15 contient 15 kg de chaque élément pour 100 kg de produit. Une « unité » est un kilogramme d'élément par hectare. Apporter 300 kg/ha de 15-15-15 revient à apporter 45 unités de N, 45 de P₂O₅ et 45 de K₂O. L'ammonitrate 33,5 contient 33,5 % d'azote : pour apporter 60 unités, il faut 60 ÷ 0,335 = 179 kg/ha. La solution azotée liquide titre 30 % ; l'urée 46 %. Les engrais organiques se lisent de la même façon, mais une partie de leur azote n'est disponible que l'année suivante.

Le bilan azoté

La méthode du bilan compare les besoins de la culture aux fournitures du sol pour calculer la dose à apporter. Besoins : rendement objectif × besoin par quintal. Pour un blé à 80 q/ha à 3 kg/q, cela fait 240 kg. Fournitures : le reliquat d'azote présent dans le sol à la sortie de l'hiver, mesuré par analyse (souvent 20 à 60 kg/ha), la minéralisation de la matière organique pendant la culture (30 à 80 kg), l'effet du précédent (un colza ou un pois laissent plus qu'un blé), l'effet d'un couvert détruit. Exemple : besoins 240 ; reliquat 40, minéralisation 50, précédent 20, soit 110 kg fournis ; dose à apporter : 240 − 110 = 130 unités. En zone vulnérable, ce calcul est obligatoire et doit figurer dans le plan de fumure.

Fractionner les apports

On n'apporte jamais les 130 unités en une fois. Le blé les reçoit en deux ou trois passages : 40 au tallage (février-mars), 60 à 80 à la montaison (avril), le reste vers l'épiaison pour la protéine. Fractionner suit les besoins réels de la plante, limite les pertes par lessivage et par volatilisation, et permet d'ajuster la dernière dose avec un outil de pilotage (mesure de la teneur en chlorophylle, capteur ou image satellite). On apporte de préférence avant une pluie de 10 à 15 mm, qui fait descendre l'engrais vers les racines, et jamais sur sol gelé ou détrempé. Les dates d'interdiction d'épandage en zone vulnérable sont fixées par le programme régional : vérifier la réglementation en vigueur.

Le plan de fumure

Le plan de fumure prévisionnel est le document qui, parcelle par parcelle, indique la culture, le rendement objectif, le reliquat, les fournitures, la dose calculée et le fractionnement prévu, avec les engrais choisis. Il se construit en février-mars, après les reliquats, et se met à jour pendant la campagne dans le cahier d'épandage. Il sert au contrôle, mais surtout à ne pas surdoser : chaque unité d'azote en trop coûte de l'ordre de 1 à 2 € et finit dans l'eau. Un plan de fumure cohérent équilibre aussi P et K sur la rotation : les pailles restituées ramènent du potassium, les effluents apportent du phosphore, et l'analyse de sol dit tous les cinq ans si les niveaux se maintiennent.

l'ammonitrate est un comburant ; on le stocke à l'abri de l'humidité, loin des carburants, des huiles et de toute source de chaleur, et on respecte les quantités maximales autorisées sur l'exploitation.
À retenir
  • une unité est un kilogramme d'élément par hectare ; on lit la dose sur le pourcentage du sac.
  • Le bilan azoté s'écrit besoins − fournitures (reliquat, minéralisation, précédent, couvert) ; il donne la dose à apporter.
  • On fractionne l'azote en deux ou trois apports pour suivre la plante et limiter les pertes ; le plan de fumure enregistre ce raisonnement.

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