Maïs et tournesol : semis monograine, irrigation, récolte et séchage
Régler un semis monograine, calculer une dose d'irrigation, choisir la date de récolte et estimer un coût de séchage.
Deux cultures d'été, deux logiques
Le maïs grain et le tournesol se sèment au printemps et se récoltent à l'automne. Le maïs valorise l'eau et l'azote : c'est une culture exigeante mais à fort potentiel, 90 à 120 q/ha en irrigué. Le tournesol est plus sobre : il descend chercher l'eau en profondeur grâce à son pivot, se contente de 30 à 60 unités d'azote et donne 25 à 35 q/ha. Sur ton exploitation, le choix entre les deux dépend de l'accès à l'eau, du type de sol et des débouchés. Ce qui les rapproche : un semis de précision, plante par plante, et une récolte qui pose la question du séchage. Ce qui les sépare : le maïs se conduit avec l'eau, le tournesol avec la sobriété.
Le semis monograine
Le semoir monograine dépose une graine à la fois, à un écartement régulier sur le rang. Le maïs se sème à 75 à 80 cm entre rangs, à 80 000 à 100 000 grains/ha, profondeur 4 à 5 cm, quand le sol atteint 10 °C à 10 cm de profondeur, soit mi-avril à début mai. Le tournesol se sème à 50 à 60 cm entre rangs, à 65 000 à 75 000 grains/ha, profondeur 3 à 4 cm, dès que le sol est réchauffé à 8 °C. Pour régler l'écartement sur le rang : distance (m) = 10 000 ÷ (densité en plantes/ha × écartement entre rangs en m). Pour 90 000 grains/ha à 0,75 m, cela donne 10 000 ÷ (90 000 × 0,75) = 0,148 m, soit 14,8 cm entre graines. La vitesse d'avancement reste sous 7 km/h pour garder la régularité.
Irriguer le maïs au bon moment
Le maïs consomme 500 à 700 mm d'eau sur son cycle, dont la pluie couvre une partie. La période critique va de 10 jours avant à 20 jours après la floraison femelle (sortie des soies) : un stress hydrique à ce moment coûte des grains sur l'épi. On pilote l'irrigation avec un bilan hydrique : réserve utile du sol, évapotranspiration (ETP), pluies, coefficient cultural. En pleine floraison, le maïs consomme 5 à 7 mm par jour. Un tour d'eau de 30 mm au pivot ou à l'enrouleur couvre donc 5 à 6 jours de besoin en pleine chaleur. Pour convertir : 1 mm sur 1 ha = 10 m³. Un apport de 30 mm sur 12 ha représente 3 600 m³, à comparer avec le débit du forage et l'autorisation de prélèvement, qui est réglementée.
Conduire le tournesol
Le tournesol demande peu d'intrants mais une implantation soignée : levée rapide et régulière, protection contre les oiseaux et les limaces au stade plantule, désherbage précoce car la culture couvre tard le sol. Ses ennemis de fin de cycle sont le phomopsis, le sclerotinia et le mildiou, contre lesquels le levier principal est variétal. L'azote se raisonne bas : trop d'azote fait de la végétation et retarde la maturité. La culture se récolte quand le dos du capitule est brun, les graines à 9 à 11 % d'humidité, avec des rabatteurs adaptés sur la coupe pour limiter les pertes. Une fois sec, le tournesol se stocke bien mais reste sensible à l'échauffement s'il contient des impuretés.
Récolter le maïs grain
Le maïs grain se récolte quand l'humidité descend entre 25 et 32 %, souvent en octobre-novembre. Attendre davantage au champ fait perdre du temps de sol pour la culture suivante et expose aux verses et aux pertes. Le cueilleur à maïs détache l'épi, la batteuse égrène. Les réglages à surveiller : vitesse du batteur plus basse que pour le blé (400 à 600 tr/min), contre-batteur ouvert, ventilation forte. Les pertes se contrôlent en comptant les grains au sol derrière la machine. Une variante est le maïs ensilage, récolté plante entière à 32 à 35 % de matière sèche, ou le maïs grain humide conservé sous forme inertée : ces filières évitent le séchage mais changent le débouché.
Sécher et calculer le coût
Le maïs grain doit être ramené à 15 % d'humidité pour se conserver. Le séchoir à gaz ou à fioul enlève des points d'humidité : le prix se compte souvent en euros par point et par tonne. Ordre de grandeur : 1,5 à 2,5 € par point et par tonne selon l'énergie. Un lot de 80 t récolté à 30 % et séché à 15 % perd 15 points : 80 × 15 × 2 = 2 400 €. À cela s'ajoute la perte de poids : en séchant, l'eau part et la masse diminue. Le poids sec se calcule ainsi : poids à 15 % = poids humide × (100 − humidité de départ) ÷ (100 − 15). Pour 80 t à 30 %, cela donne 80 × 70 ÷ 85 = 65,9 t. Récolter un peu plus sec fait donc gagner doublement : moins de frais et moins de freinte.
À retenir : le maïs se pilote par l'eau autour de la floraison.
Chaque point d'humidité gagné au champ est de l'argent économisé au séchoir.
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