Maintenance de chantier : graissage, contrôle quotidien, transport et arrimage sur porte-engin
Organiser le contrôle quotidien et le plan de graissage d'un engin, préparer son chargement sur porte-engin et calculer la tension d'arrimage nécessaire.
Le contrôle quotidien, ou la ronde du matin
Un engin de chantier travaille dans la poussière, la boue et les chocs. Le contrôle quotidien, avant le démarrage, prend dix minutes et évite la panne en plein chantier. Tu fais le tour de l'engin dans le même sens à chaque fois pour ne rien oublier : niveaux (huile moteur, liquide de refroidissement, huile hydraulique dans le voyant, carburant), fuites au sol sous l'engin, état des flexibles, tension des chenilles ou pression des pneus, fixation des accessoires, propreté du radiateur et du refroidisseur d'huile, feux et avertisseurs, arrêt d'urgence, ceinture, rétroviseurs et caméra de recul, extincteur. Puis, moteur tourné, tu vérifies les voyants, les freins et l'absence de bruit anormal. Tout défaut se note sur le carnet de l'engin.
Le graissage
Les engins de chantier ont des dizaines de points de graissage : axes de flèche, de balancier, de godet, de lame, articulation centrale, vérins de direction, couronne. Le manuel donne la périodicité en heures de compteur : les axes de l'équipement toutes les 10 h (donc chaque jour), la couronne toutes les 50 h, les cardans toutes les 250 h. Tu graisses jusqu'à ce que la graisse propre ressorte de l'articulation en chassant l'ancienne, chargée de sable. La graisse standard est une graisse au lithium EP2 ; pour les axes très chargés on prend une graisse au bisulfure de molybdène. Un graisseur qui n'accepte pas la graisse est bouché ou l'axe est grippé : on le remplace tout de suite, sinon la bague s'use en quelques jours. Le graissage centralisé, quand il existe, se vérifie en regardant que chaque point suinte.
Les périodicités d'entretien
Au-delà du quotidien, le plan d'entretien suit le compteur horaire. Ordre de grandeur pour un engin compact diesel : vidange moteur et filtre à huile toutes les 250 à 500 h, filtre à carburant et préfiltre décanteur à 500 h (purge de l'eau chaque semaine), filtre à air quand l'indicateur de colmatage vire au rouge, huile hydraulique et son filtre toutes les 1 000 à 2 000 h, huile des réducteurs de translation toutes les 1 000 h, liquide de refroidissement tous les 2 ans. Le filtre de retour hydraulique retient les particules ; si tu le trouves chargé de limaille, cherche l'organe qui s'use avant de remettre l'engin en service. Chaque intervention se consigne avec la date, le compteur et ta signature.
Préparer le transport sur porte-engin
Un engin de 3 t ne roule pas 20 km sur la route : il monte sur un porte-engin, remorque à rampes tractée par un tracteur ou un camion. Avant de charger, vérifie que le PTAC de la remorque et la charge admissible du crochet d'attelage acceptent la masse de l'engin (masse en ordre de marche, sur la plaque constructeur, accessoires compris). Positionne la remorque sur sol plat, attelée, freinée, cales aux roues. Nettoie les rampes de la boue. Charge l'engin en marche avant s'il est à chenilles, en suivant l'axe des rampes, équipement bas ; un guide au sol, jamais dans l'axe des rampes. Une fois en place, pose l'équipement sur le plateau, coupe le moteur, serre le frein de parc, retire la clé. La répartition de charge doit laisser 10 à 15 % de la masse sur le timon pour une remorque à essieux centraux.
L'arrimage : la règle des quatre chaînes
Un engin se retient par quatre chaînes ou sangles, une à chaque angle, fixées aux anneaux d'arrimage de l'engin et du plateau, tendues en diagonale vers l'avant et vers l'arrière. Le principe : en freinage d'urgence, la charge pousse vers l'avant avec une force de 0,8 fois son poids ; latéralement et vers l'arrière, 0,5 fois. Pour un engin de 3 000 kg, cela fait 0,8 × 3 000 × 9,81 ≈ 23 500 N vers l'avant à retenir. Chaque chaîne porte une étiquette avec sa capacité d'arrimage (LC, en daN) : avec des chaînes de LC 4 000 daN, les deux chaînes arrière, tendues vers l'arrière du plateau, sont celles qui retiennent l'engin quand il est projeté vers l'avant au freinage ; elles tiennent au plus 8 000 daN, moins en réalité selon leur angle, ce qui couvre largement les 2 350 daN nécessaires. Les tendeurs à vis ou à cliquet se serrent à la main, sans rallonge ; on protège les sangles des arêtes vives avec des cornières. L'équipement de travail est arrimé séparément s'il peut bouger.
Gabarit et réglementation routière
Avec l'engin sur le plateau, mesure la hauteur totale et la largeur. Au-delà de 2,55 m de largeur, tu entres dans les règles du convoi agricole ou du transport exceptionnel, avec signalisation et parfois autorisation (vérifier la réglementation en vigueur). Pour la hauteur, le code de la route ne fixe pas de maximum général : c'est à toi de vérifier que tu passes sous les ponts, les portiques et les lignes, avec 4 m comme repère courant. Les lignes électriques basses sur les chemins sont le piège classique : une flèche ou une nacelle mal repliée les accroche. Le conducteur du convoi doit connaître la hauteur exacte de son chargement et la comparer aux ponts et portails de l'itinéraire. Enfin, les feux et la plaque de la remorque doivent rester visibles derrière l'engin ; on ajoute une rampe de feux amovible si besoin.
- le contrôle quotidien se fait toujours dans le même ordre, moteur arrêté puis moteur tourné, et se note.
- On graisse jusqu'à ce que la graisse propre chasse l'ancienne ; un graisseur bouché se remplace le jour même.
- Quatre chaînes en diagonale, capacité LC vérifiée sur l'étiquette, retension après les premiers kilomètres.
Pour aller plus loin
Vous êtes élève ? Testez-vous sur ce chapitre
6 questions corrigées, chacune avec son explication. Les trois premières se font tout de suite, sans compte ; la suite, avec une classe abonnée ou un compte personnel.
Faire les 3 premières questionsVotre classe ne l’utilise pas ? Avec un établissement abonné, tout s’ouvre et votre formateur voit où chacun en est. Envoyez-lui ce cours :