Employer et travailler à plusieurs
Accomplir les démarches de base d'une embauche, respecter la durée du travail et les repos, évaluer les risques dans un document unique, organiser le travail et la communication entre associés et choisir une formation continue adaptée.
Devenir employeur
Embaucher son premier salarié change le métier : on devient responsable d'une autre personne. Les démarches de base sont les suivantes. Avant l'arrivée du salarié, on fait la déclaration préalable à l'embauche auprès de la MSA, qui gère la protection sociale agricole. Le contrat de travail doit être écrit dès qu'il n'est pas un CDI à temps plein : un CDD, saisonnier ou non, doit préciser son motif et sa durée, un temps partiel ses horaires. Le TESA, titre emploi simplifié agricole proposé par la MSA, regroupe sous conditions le contrat, la déclaration et le bulletin de paie. Le salaire respecte au minimum le SMIC et la grille de la convention collective nationale de la production agricole et des CUMA, en vigueur depuis 2021, complétée par des accords territoriaux. Tenez aussi le registre unique du personnel et organisez la visite d'information et de prévention avec la santé au travail de la MSA.
Durée du travail et repos
La durée légale est de 35 heures par semaine ; au-delà, ce sont des heures supplémentaires, majorées ou compensées en repos. Le code du travail fixe des maxima : en principe 10 heures par jour et 48 heures sur une même semaine. Le salarié a droit à 11 heures de repos consécutives entre deux journées et à un repos hebdomadaire de 24 heures, qui s'ajoute aux 11 heures de repos quotidien. L'agriculture a ses propres règles d'aménagement, fixées par le code rural et la convention collective : modulation sur l'année pour absorber les pointes, dérogations encadrées en période de récolte. Ces règles sont précises et changent parfois : vérifiez-les auprès de la MSA ou de la chambre d'agriculture avant de construire un planning. Pour les jeunes de moins de 18 ans, apprentis compris, les limites sont plus strictes et certains travaux dangereux sont interdits ou soumis à autorisation.
La sécurité et le document unique
L'employeur a une obligation générale de sécurité envers ses salariés. Dès le premier salarié, il doit rédiger un document unique d'évaluation des risques professionnels, le DUERP. On y liste, unité de travail par unité de travail, les dangers et leur gravité : renversement de tracteur, arbre de transmission et prise de force, contention des animaux, chutes de hauteur sur les toitures et les silos, exposition aux produits phytosanitaires, manutention, bruit, chaleur, travail isolé. Pour chaque risque, on écrit les mesures de prévention et un plan d'action daté. Le document se met à jour à chaque changement important, nouveau bâtiment ou nouvelle machine par exemple, et au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins 11 salariés. Les conseillers en prévention de la MSA aident gratuitement à le construire. Enfin, tout nouvel arrivant reçoit une formation pratique à la sécurité sur les postes qu'il occupera.
Travailler entre associés
Beaucoup d'installations se font en société : GAEC, où les associés travaillent obligatoirement ensemble sur l'exploitation, EARL ou SCEA. Travailler à plusieurs apporte des compétences variées, des remplacements possibles et moins d'isolement, mais les conflits sont une cause fréquente de dissolution. Ils naissent souvent de charges de travail ressenties comme inégales, de visions différentes de l'avenir ou du mélange entre vie de famille et vie de l'entreprise. La prévention passe par des règles écrites : qui est responsable de quel atelier, qui décide de quoi, comment se répartissent la rémunération, les astreintes du week-end et les congés. En GAEC, le règlement intérieur complète les statuts pour cela. Organisez aussi les réunions : un point court chaque semaine pour le planning, une réunion mensuelle sur la gestion et un bilan annuel sur la stratégie, avec un compte rendu écrit. Les chambres d'agriculture et plusieurs réseaux proposent un accompagnement des relations entre associés, y compris de la médiation.
Communiquer et se former
Avec un salarié comme avec un associé, les tensions viennent souvent de consignes floues. Rédigez une fiche de poste, montrez la tâche avant de la confier, vérifiez qu'elle est comprise, et prévoyez chaque année un entretien pour faire le point sur le travail et les envies d'évolution. Un salarié bien accueilli et formé reste plus longtemps, ce qui compte beaucoup quand il est difficile de recruter en agriculture. La formation continue concerne aussi l'exploitant : le fonds VIVEA finance la formation des chefs d'exploitation et des conjoints collaborateurs, tandis que les salariés agricoles relèvent de l'opérateur de compétences OCAPIAT. Le compte personnel de formation complète ces dispositifs. Gestion des ressources humaines, prévention, technique : se former chaque année fait partie du pilotage.
- déclaration préalable à l'embauche à la MSA, contrat écrit pour tout CDD ou temps partiel, grille de la convention collective.
- Maxima de principe : 10 heures par jour, 48 heures par semaine ; 11 heures de repos entre deux journées ; aménagements agricoles à vérifier.
- Le document unique d'évaluation des risques est obligatoire dès le premier salarié.
- Entre associés : règles écrites, réunions régulières, compte rendu.
- Formation continue : VIVEA pour les exploitants, OCAPIAT pour les salariés.
Pour aller plus loin
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