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RAAI Agriculture
Option C : matériels d'espaces verts · cours 1 sur 4 · 5 min de lecture

Moteurs 2 temps et 4 temps de petite cylindrée : carburateur, mélange, bougie, lanceur

Distinguer le cycle 2 temps du cycle 4 temps, préparer un mélange au bon dosage, régler et contrôler une bougie, diagnostiquer un lanceur défaillant.

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Deux cycles pour deux usages

À l'atelier espaces verts, tu as devant toi une tondeuse à moteur 4 temps de 140 cm³ et une débroussailleuse à moteur 2 temps de 35 cm³. Le 4 temps fait un cycle complet en deux tours de vilebrequin, avec des soupapes commandées par un arbre à cames et un carter d'huile séparé : il est économe, silencieux, mais lourd et il ne supporte pas de fonctionner très incliné. Le 2 temps fait son cycle en un seul tour : le piston découvre lui-même les lumières d'admission, de transfert et d'échappement, et le carter sert de pompe de balayage. Il n'a pas de soupapes ni de carter d'huile, ce qui le rend léger et capable de tourner dans toutes les positions ; c'est pour ça qu'on le trouve sur les machines portées à la main. Sa lubrification se fait par l'huile mélangée à l'essence.

À gauche, le moteur 4 temps en quatre cylindres successifs (admission, compression, détente, échappement) avec ses deux soupapes, sur deux tours de vilebrequin. À droite, le moteur 2 temps en deux cylindres (la montée : compression et aspiration dans le carter ; la descente : détente puis échappement et transfert par les lumières), sur un seul tour. En bas, deux cartes comparent la tondeuse 4 temps de 140 cm³ et la débroussailleuse 2 temps de 35 cm³, avec le mélange à 2 % : 5 L d'essence pour 100 mL d'huile 2 temps.

Le mélange 2 temps

Un moteur 2 temps se lubrifie par le mélange : l'huile dissoute dans l'essence se dépose sur le vilebrequin, la bielle et le cylindre au passage des gaz frais. Le dosage courant est de 2 %, soit 1 volume d'huile pour 50 volumes d'essence (1:50) ; certains anciens moteurs demandent 4 % (1:25). Pour 5 L d'essence à 2 %, il faut 100 mL d'huile. Tu utilises une huile spécifique 2 temps, de l'essence sans plomb 95 récente (l'essence perd ses qualités en un mois, surtout avec l'éthanol qui attire l'eau), et tu agites le bidon avant chaque remplissage. Trop peu d'huile : serrage du piston en quelques minutes. Trop d'huile : encrassement de la bougie, fumée, échappement bouché. Le carburant alkylate, sans benzène, coûte plus cher mais réduit les vapeurs toxiques pour l'utilisateur et se conserve deux ans.

Le carburateur à membrane

Sur ces petits moteurs, le carburateur est à membrane, sans cuve à flotteur, pour fonctionner dans toutes les positions. Une pompe à membrane actionnée par les pulsations du carter aspire l'essence du réservoir ; une deuxième membrane, dite de régulation, ouvre un pointeau selon la dépression du venturi. Deux vis de richesse, L (bas régime) et H (haut régime), et une vis de ralenti T règlent le dosage. Une poire d'amorçage renvoie l'essence vers le réservoir en chassant l'air. Pannes classiques : membranes durcies par l'essence stagnante (le moteur démarre puis cale, ou n'accélère pas), filtre d'entrée bouché, joint de pied de carburateur qui prend l'air (ralenti qui s'emballe). Un kit membranes coûte quelques euros et se change en vingt minutes : c'est la réparation la plus courante de l'atelier.

La bougie

La bougie doit allumer le mélange au bon moment ; c'est l'allumage électronique (volant magnétique et bobine) qui fournit l'étincelle, sans batterie. L'écartement des électrodes est de 0,5 à 0,7 mm selon la notice : trop grand, l'étincelle ne saute plus à haut régime ; trop petit, elle est faible. La couleur de la bougie raconte le moteur : beige-brun, réglage correct ; noire et sèche, mélange trop riche ou filtre à air bouché ; noire et huileuse, trop d'huile dans le mélange ou segments usés ; blanche, mélange trop pauvre ou prise d'air, avec un risque de serrage. Tu la remplaces toutes les 100 h environ ou une fois par saison, avec l'indice thermique préconisé. Contrôle rapide de l'étincelle : bougie posée sur la culasse, capuchon en place, tu tires le lanceur et tu dois voir une étincelle bleue franche.

avant toute intervention sur la lame, la chaîne ou le couteau, tu débranches le capuchon de bougie et tu l'écartes de la bougie. Un moteur qui part sur un simple mouvement du lanceur ne pardonne pas.

Le lanceur

Le lanceur à corde enroule une cordelette sur une poulie rappelée par un ressort spiral ; en tirant, un cliquet entraîne le volant moteur, puis se dégage quand le moteur tourne. Pannes : corde cassée (usure sur le guide-corde), ressort détendu ou cassé (la corde ne revient pas), cliquets usés qui patinent (la corde se tire à vide). Le remontage du ressort demande de la méthode : gants, lunettes, et on précharge le ressort de deux ou trois tours avant d'accrocher la corde, jamais plus, sinon il casse en butée. Si le lanceur est très dur à tirer, le problème est ailleurs : compression excessive par calamine, moteur noyé, ou serrage. Une décompression (soupape de décompression sur les gros moteurs) facilite le démarrage.

Astuce

un moteur 2 temps qui refuse de démarrer se diagnostique en trois vérifications de deux minutes : étincelle (bougie), arrivée d'essence (bougie mouillée après quelques coups de lanceur ?), compression (résistance franche au lanceur). Sur trois, celle qui manque te donne la panne.
À retenir
  • le 2 temps se lubrifie par le mélange, 2 % soit 1:50 dans la plupart des cas.
  • Le carburateur à membrane tombe en panne par ses membranes ; un kit se change en vingt minutes.
  • La couleur de la bougie dit si le moteur est riche, pauvre ou correct.

Pour aller plus loin

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