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RAAI Agriculture
Mise en œuvre des équipements en sécurité · cours 4 sur 5 · 7 min de lecture

Préparer et régler l'équipement, à poste fixe puis au champ

C8.2 — Mettre en œuvre un équipement lors de travaux mécanisés

Élève : se tester sur ce chapitre ↓

Un blé à protéger, un pulvérisateur à préparer

Jeudi, le maître de stage te confie le traitement fongicide de 18 ha de blé pour le lendemain matin : 150 L/ha d'eau, une seule application. Tu pourrais accrocher le pulvérisateur et partir. Mais l'opération a une place précise dans la vie de la parcelle, la machine a peut-être une buse bouchée depuis l'automne, et le réglage lu dans le carnet l'an dernier ne correspond plus à la vitesse que tu vas tenir. Mettre en œuvre un équipement, ce n'est pas seulement le conduire : c'est comprendre pourquoi l'opération se fait maintenant, vérifier que la machine est en état, la régler à l'arrêt dans la cour, puis ajuster au champ ce que la cour ne pouvait pas montrer. Cette leçon suit cet ordre, avec trois machines en exemple : le pulvérisateur, l'épandeur d'engrais et la charrue.

L'essai de débit d'un semoir à poste fixe : trémie, organe de distribution, roue entraînée, et les graines recueillies puis pesées pour une surface connue

La place de l'opération dans l'itinéraire technique

L'itinéraire technique est la suite ordonnée des interventions sur une culture, du travail du sol à la récolte. Chaque opération s'appuie sur la précédente et prépare la suivante : le labour enfouit les résidus et prépare le semis ; le semis fixe la densité qui conditionne la fertilisation ; le fongicide protège la dernière feuille, qui fabrique la moitié du rendement. Un même geste au mauvais moment est inutile ou nuisible : un épandage d'azote avant une forte pluie part au fossé, un labour sur sol gorgé d'eau lisse la semelle pour dix ans. Avant de sortir la machine, on se pose donc quatre questions : quel stade a la culture, quel état a le sol, quelle météo pour les trois prochains jours, quelle est la commande précise du responsable (dose, produit, surface, délai). Les transitions agro-écologiques ajoutent une cinquième question : que consomme ou touche l'opération parmi les ressources communes, eau, sol, air, biodiversité.

Vérifier l'état fonctionnel

La vérification se fait à poste fixe, machine posée au sol, moteur coupé, et elle commence par la lecture du carnet de la machine : la dernière intervention, le dernier défaut noté. Pour un pulvérisateur : cuve rincée et sans dépôt, filtres d'aspiration et de refoulement propres, pompe sans fuite, manomètre lisible et récent, chaque buse du même modèle et du même calibre sur toute la rampe, anti-gouttes fonctionnels, rampe qui se déplie sans point dur, régulation qui répond. Pour un épandeur : disques et pales non usées, agitateur libre, trappes qui coulissent sur toute leur course, tamis en place. Pour une charrue : pointes de socs et versoirs non usés en biseau, coutres alignés, boulons de sécurité d'origine et non remplacés par une visserie quelconque. On remplace ce qui est usé avant de régler : régler une buse usée à 15 %, c'est régler du sable.

Régler le pulvérisateur : buses, pression, volume à l'hectare

Le volume épandu par hectare dépend de trois facteurs : le débit de chaque buse, la vitesse d'avancement et l'écartement entre buses. La formule : volume (L/ha) = débit d'une buse (L/min) × 600 / (vitesse (km/h) × écartement (m)). Exemple : une buse débitant 1,2 L/min, à 8 km/h, avec des buses tous les 0,5 m, donne 1,2 × 600 / (8 × 0,5) = 180 L/ha. Pour obtenir 150 L/ha à la même vitesse, il faut une buse à 1,0 L/min, soit un calibre plus petit ou une pression plus basse. Le débit d'une buse varie avec la racine carrée de la pression : doubler la pression n'augmente le débit que de 41 %, et le fabricant donne une plage, souvent 2 à 4 bar pour une buse à fente. Au champ, on contrôle à l'éprouvette sous quatre buses pendant une minute (une buse à plus de 10 % de la moyenne est remplacée) et l'on chronomètre la vitesse réelle sur 100 m, le compteur ignorant le patinage.

Régler l'épandeur d'engrais : dose et largeur

L'épandeur centrifuge projette l'engrais par deux disques ; la dose dépend de l'ouverture des trappes et de la vitesse, la largeur dépend de la vitesse de rotation des disques, du point de chute et de la nature du granulé. Le tableau du fabricant donne un point de départ, mais le granulé livré n'est jamais tout à fait celui du tableau. On fait donc un essai de débit : trappe ouverte au repère du tableau, on recueille pendant 30 secondes l'engrais qui sort d'une seule trappe dans un bac, on pèse. La formule : débit nécessaire (kg/min) = dose (kg/ha) × vitesse (km/h) × largeur (m) / 600. Pour 200 kg/ha, à 12 km/h sur 24 m : 200 × 12 × 24 / 600 = 96 kg/min, soit 48 kg/min par trappe. La largeur se vérifie avec des bacs de recouvrement alignés en travers : la courbe doit être régulière avec un recouvrement des passages voisins, sinon on obtient des bandes vertes et jaunes visibles d'avion.

Régler la charrue : aplomb et largeur de coupe

Une charrue bien réglée se tire droit, sans effort sur le volant, et laisse un labour régulier. Trois réglages se font dans la cour et se finissent dans la raie. La largeur de coupe : chaque corps coupe une bande, par exemple 40 cm ; une charrue 4 corps coupe alors 1,6 m à chaque passage, et le premier corps se règle pour prendre la même largeur que les autres grâce au déport latéral. La profondeur : réglée par la roue de jauge et le troisième point, elle est en général de 18 à 25 cm, jamais plus que les deux tiers de la largeur de coupe. L'aplomb : vue de derrière, la charrue doit être verticale, ce qui se règle avec la chandelle droite du relevage dans la raie ; une charrue qui penche laisse des raies inégales. Le troisième point règle le parallélisme avant-arrière, pour que tous les corps travaillent à la même profondeur. Vitesse : 6 à 8 km/h, sinon la terre est projetée au lieu d'être retournée.

régler une machine, c'est intervenir à côté d'organes qui peuvent bouger. Pour toute intervention sur la rampe du pulvérisateur, dans la trémie de l'épandeur ou sous la charrue : outil posé au sol ou calé sur chandelles, prise de force débrayée, moteur coupé, clé sur soi. Le relevage hydraulique seul ne retient pas un outil : une fuite le fait descendre. Pour le pulvérisateur, on ajoute la protection chimique : gants nitrile, lunettes et combinaison dès la préparation de la bouillie, et l'on ne débouche jamais une buse à la bouche ni en soufflant dedans, mais avec la brosse prévue. La bouillie se prépare avec l'incorporateur, jamais depuis le haut de la cuve sur une échelle mouillée. L'engrais n'est pas anodin non plus : la poussière d'ammonitrate irrite, et une trémie de 2 tonnes ouverte n'est pas un endroit où se pencher machine en marche.
À retenir
  • avant de sortir la machine, on situe l'opération dans l'itinéraire technique, on lit la commande du responsable, la météo et l'état du sol. On vérifie l'état fonctionnel machine posée et moteur coupé, on remplace ce qui est usé, puis on règle à poste fixe avec les tableaux du fabricant et un essai de débit. Au champ, on mesure la vitesse réelle et l'on corrige. Deux formules à connaître par cœur : volume (L/ha) = débit × 600 / (vitesse × écartement) pour le pulvérisateur, et débit (kg/min) = dose × vitesse × largeur / 600 pour l'épandeur. Une machine réglée à 10 % près sur une parcelle de 18 ha, c'est 10 % de produit, de carburant et de temps que l'on ne gaspille pas.

Pour aller plus loin

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