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RAAI Agriculture
Atelier porcins · cours 3 sur 4 · 7 min de lecture

Biosécurité, santé, bien-être et obligations

Appliquer les règles de biosécurité d'un élevage porcin, protéger un élevage plein air contre les sangliers, respecter les obligations d'identification, de bien-être et de gestion des effluents, et travailler en sécurité.

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La biosécurité, une obligation pour tous les détenteurs

La biosécurité regroupe toutes les mesures qui empêchent les maladies d'entrer dans un élevage, d'y circuler et d'en sortir. En France, elle est encadrée par l'arrêté du 16 octobre 2018 relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations détenant des suidés, c'est-à-dire des porcs et des sangliers d'élevage. Il s'applique à tous les détenteurs, quelle que soit la taille de l'élevage. Trois obligations principales : désigner un référent biosécurité, qui suit une formation sur la gestion du plan de biosécurité et les bonnes pratiques d'hygiène, puis forme à son tour le personnel ; rédiger un plan de biosécurité qui décrit la circulation des personnes, des véhicules et des animaux, le nettoyage, la gestion des cadavres et la lutte contre les nuisibles ; le tenir à jour quand les pratiques changent. La plupart de ces mesures s'appliquent depuis le 1er janvier 2020. Les modalités de la formation du référent, durée et éventuel recyclage, sont précisées par instruction du ministère : renseignez-vous auprès de votre groupement, de votre vétérinaire ou de la DDecPP.

Vue en coupe d'une double clôture de plein air : à gauche un sanglier à l'extérieur, puis la clôture extérieure grillagée sur poteaux fixes, d'au moins 1,30 m de haut, et à au moins 25 cm la clôture intérieure qui empêche le contact groin à groin avec le porc du parc, à droite. Un encadré rappelle les obligations de tout détenteur : un référent biosécurité formé, un plan de biosécurité à jour, jamais de déchets de cuisine ; en bas, l'autre solution admise est un grillage électrifié des deux côtés, à vérifier auprès de la DDecPP.

Peste porcine africaine et clôtures du plein air

La peste porcine africaine, ou PPA, est une maladie virale des porcs et des sangliers. Elle ne se transmet pas à l'être humain, mais elle est mortelle pour les porcs et son arrivée dans un élevage entraîne l'abattage des animaux et de lourdes restrictions commerciales. Le virus peut voyager sur de longues distances par les véhicules, les chaussures ou des restes alimentaires contenant de la viande contaminée : ne donnez jamais de déchets de cuisine à vos porcs. En plein air, le risque principal est le contact avec les sangliers. L'instruction technique DGAL/SDSPA/2019-389 précise les clôtures attendues : une double clôture, ou un grillage électrifié des deux côtés. La clôture extérieure est grillagée, posée sur poteaux fixes, d'au moins 1,3 m de haut et assez solide pour résister à un sanglier ; la clôture intérieure est placée à au moins 25 cm de la première, pour empêcher tout contact groin à groin. Vérifiez la version en vigueur auprès de la DDecPP avant d'investir.

Le vétérinaire, le groupement et les dépistages

Chaque élevage travaille avec un vétérinaire, qui établit avec vous le suivi sanitaire, prescrit les traitements et les vaccins, et vous aide à rédiger le plan de biosécurité. En élevage porcin, la plupart des éleveurs adhèrent aussi à un groupement de producteurs, qui apporte un appui technique, sanitaire et commercial. Certains dépistages sont obligatoires ou fortement recommandés selon le système : les élevages plein air, par exemple, sont concernés par une surveillance de la maladie d'Aujeszky et par le contrôle de la trichine à l'abattoir. Votre vétérinaire et la DDecPP vous indiquent ceux qui s'appliquent à votre situation. Pour tout traitement, la dose, la durée et le délai d'attente avant abattage sont fixés par l'ordonnance du vétérinaire : ne modifiez jamais un traitement de vous-même et notez chaque administration dans le registre d'élevage.

Identification et registre

Toute personne qui détient au moins un porc, même pour sa consommation familiale, doit se déclarer auprès de l'établissement départemental de l'élevage, l'EDE. Chaque site reçoit un indicatif de marquage, qui sert à identifier les animaux par tatouage ou par boucle auriculaire avant leur sortie de l'élevage ; les porcs charcutiers reçoivent en plus une marque à l'épaule avant de partir à l'abattoir. Tout mouvement de porcs entre deux sites s'accompagne d'un document d'enlèvement et doit être notifié à la base de données nationale BDPORC dans les 7 jours. Le registre d'élevage rassemble les entrées et sorties d'animaux, les interventions du vétérinaire, les traitements et les ordonnances. C'est la base de la traçabilité : en cas de crise sanitaire, il permet de retrouver en quelques heures où sont passés les animaux.

Le bien-être animal

Les normes minimales de protection des porcs viennent de la directive européenne 2008/120/CE, reprise en droit français : surfaces minimales par animal selon le poids, eau en permanence, matériaux manipulables comme la paille, le bois ou des jouets adaptés, pour permettre aux porcs de fouiller. Depuis le 1er janvier 2022, la castration à vif des porcelets est interdite en France : elle doit se faire avec anesthésie et analgésie, et d'autres voies existent, comme l'immunocastration, qui bloque la production d'hormones par une vaccination, ou l'élevage de mâles entiers. La coupe de la queue, ou caudectomie, ne peut pas être pratiquée de façon systématique selon la directive : elle n'est admise qu'en dernier recours, après avoir amélioré l'environnement et la conduite pour prévenir les morsures. Dans les faits, elle reste encore très répandue et l'administration demande aux éleveurs de progresser. En bio, la coupe des queues n'est pas admise. Vérifiez l'état exact des règles avec votre vétérinaire : elles évoluent.

Les effluents

Les porcs en bâtiment produisent surtout du lisier, un mélange de déjections et d'eau, ou du fumier quand ils vivent sur paille. Ces effluents sont un engrais précieux, mais aussi une source de nitrates, d'ammoniac et d'odeurs. Leur épandage suit un plan d'épandage et, en zone vulnérable, les règles de la directive nitrates, dont le plafond de 170 kg d'azote par hectare et par an issu des effluents d'élevage. Au-delà de 50 animaux-équivalents, un élevage relève de la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement, les ICPE, avec des règles d'implantation, de stockage et d'épandage. En plein air, le sol reçoit directement les déjections : on fait tourner les parcs, on limite la densité d'animaux par hectare et on implante une culture après le passage des porcs pour récupérer l'azote.

dans les fosses et préfosses à lisier se forme de l'hydrogène sulfuré, un gaz plus lourd que l'air, qui paralyse l'odorat et peut tuer en quelques respirations à forte concentration. Il se libère surtout au brassage du lisier. N'entrez jamais seul dans une fosse ou un local à lisier, sortez les personnes et aérez pendant et après le brassage, et ne descendez jamais secourir quelqu'un sans appareil respiratoire. Les truies qui protègent leurs petits et les verrats peuvent aussi mordre ou renverser : déplacez les animaux avec une planche de tri, ménagez-vous toujours une sortie, et renseignez-vous auprès du service prévention de la MSA.
À retenir
  • l'arrêté du 16 octobre 2018 impose à tout détenteur de porcs un référent biosécurité formé et un plan de biosécurité.
  • En plein air, la double clôture, ou un grillage électrifié des deux côtés, protège contre les sangliers ; la clôture extérieure mesure au moins 1,3 m.
  • Tout détenteur se déclare à l'EDE ; les mouvements sont notifiés à BDPORC dans les 7 jours.
  • La castration à vif est interdite depuis le 1er janvier 2022 ; la caudectomie ne peut pas être systématique.
  • Les traitements se font sur ordonnance du vétérinaire et s'inscrivent dans le registre d'élevage.

Pour aller plus loin

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