Le circuit de charge et de démarrage : alternateur, démarreur, relais
Expliquer le rôle de l'alternateur et du démarreur, contrôler une tension de charge, diagnostiquer un défaut de démarrage.
Deux machines, deux moments
Le démarreur et l'alternateur sont les deux grosses machines électriques du moteur, mais elles ne travaillent jamais en même temps. Le démarreur, un moteur électrique, consomme énormément pendant quelques secondes pour lancer le vilebrequin : 200 à 600 A sur un tracteur de 120 ch, parfois plus sur un gros diesel 24 V. L'alternateur, entraîné par la courroie, produit ensuite le courant pendant tout le temps où le moteur tourne : il alimente les récepteurs et recharge la batterie. La batterie n'est donc qu'un réservoir tampon : sans alternateur, un tracteur avec tous ses feux et sa clim vide sa batterie en moins d'une heure.
L'alternateur et son régulateur
L'alternateur produit du courant alternatif triphasé, redressé en continu par un pont de diodes. Un régulateur intégré maintient la tension entre 13,8 et 14,6 V sur un système 12 V (27,5 à 29 V en 24 V) quelle que soit la vitesse du moteur. Moteur tournant à 1 500 tr/min, tu dois lire cette valeur aux bornes de la batterie. Si tu lis 12,4 V, l'alternateur ne charge pas : courroie détendue, connexion B+ desserrée, excitation coupée ou alternateur mort. Si tu lis plus de 15 V, le régulateur est en défaut et va « cuire » la batterie et les ampoules. Le voyant de charge au tableau de bord s'allume contact mis et doit s'éteindre dès que le moteur tourne : s'il reste allumé, ou s'il luit faiblement, l'alternateur a un problème.
Le démarreur et son solénoïde
Quand tu tournes la clé, un petit courant (quelques ampères) part vers le solénoïde du démarreur. Celui-ci fait deux choses en même temps : il pousse le pignon lanceur pour l'engrener sur la couronne du volant moteur, et il ferme un gros contact qui envoie les centaines d'ampères de la batterie dans le moteur du démarreur. Dès que le moteur tourne, une roue libre dans le lanceur évite que le moteur entraîne le démarreur à des vitesses folles. Sur les engins agricoles, un relais de sécurité de démarrage (neutre de la transmission, prise de force débrayée, conducteur assis) coupe le circuit du solénoïde : un tracteur qui ne démarre plus, c'est souvent une de ces sécurités et pas le démarreur.
Le relais : un petit courant qui commande un gros
Un relais est un interrupteur commandé électriquement : une bobine (bornes 85 et 86 dans le repérage courant) attire un contact (30 et 87) capable de couper un courant important. La clé de contact ou un calculateur ne peut pas envoyer 30 A dans les phares ; elle envoie 150 mA dans la bobine du relais et c'est le relais qui fait passer les 30 A. Pour tester un relais : alimente la bobine avec 12 V, tu dois entendre un clic et mesurer la continuité entre 30 et 87. Sans clic, la bobine est coupée ; avec clic mais sans continuité, le contact est brûlé. Beaucoup de pannes de démarrage viennent d'un relais de démarreur au contact grillé.
Le tracteur ne démarre pas : par où commencer
La méthode compte plus que la chance. Un clic sans rotation : batterie trop faible, cosse desserrée, ou contact de solénoïde grillé ; mesure la tension aux bornes de la batterie pendant l'action de démarrage. Rien du tout, même pas un clic : cherche la commande du solénoïde, donc les sécurités de démarrage, le relais, le fusible, le contacteur à clé. Le démarreur tourne mais lentement : batterie faible, câble de puissance ou masse moteur oxydé, ou huile trop épaisse. Le démarreur tourne à vide sans entraîner : lanceur ou couronne dentée usés. Dans tous les cas, commence par la batterie et les masses : c'est là que se trouvent trois pannes sur quatre.
Astuce
- moteur tournant, 13,8 à 14,6 V à la batterie : l'alternateur charge.
- Le solénoïde engrène le pignon et ferme le gros contact ; sa commande passe par les sécurités de démarrage.
- Un relais laisse un petit courant commander un gros.
Pour aller plus loin
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