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RAAI Agriculture
Électricité et électronique embarquée · cours 6 sur 7 · 5 min de lecture

Capteurs, calculateur, bus CAN et codes défaut : dialoguer avec l'engin

Identifier les principaux capteurs et actionneurs, expliquer le rôle du calculateur et du bus CAN, lire et interpréter un code défaut avec l'outil de diagnostic.

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Un engin moderne, c'est un réseau

Sur un tracteur récent, l'accélérateur n'est plus un câble mais un potentiomètre ; la pédale envoie une tension au calculateur moteur, qui décide de la quantité de gazole injectée. La transmission, le relevage, la cabine, le pont avant ont chacun leur calculateur (on parle d'ECU ou de boîtier électronique), et tous dialoguent entre eux. Ce que tu vois au tableau de bord, régime, température, code défaut, ne vient plus d'un fil direct mais d'un message échangé sur un réseau. Comprendre cette architecture, c'est comprendre pourquoi un capteur de vitesse défaillant peut bloquer le relevage, ou pourquoi une masse de calculateur douteuse fait apparaître dix codes en même temps.

À gauche, quatre capteurs reliés au calculateur moteur : pression par trois fils (5 V, signal de 0,5 à 4,5 V, masse), température, régime et position. Le calculateur lit, compare, pilote et surveille (code défaut, mode dégradé) ; il commande injecteurs, électrovannes et relais. En bas, le bus CAN H et CAN L, terminé par deux résistances de 120 Ω, relie moteur, transmission, relevage, tableau de bord et prise diagnostic ; hors tension, on mesure environ 60 Ω entre CAN H et CAN L.

Les capteurs : traduire le réel en signal

Un capteur transforme une grandeur physique en signal électrique. Capteur de température : une thermistance dont la résistance baisse quand la température monte. Capteur de pression (huile, rampe d'injection, hydraulique) : un signal de tension, souvent de 0,5 à 4,5 V, proportionnel à la pression, alimenté en 5 V par le calculateur. Capteur de régime ou de vitesse : inductif (une tension alternative dont la fréquence dépend de la vitesse) ou à effet Hall (un signal carré). Capteur de position (relevage, pédale) : un potentiomètre. Beaucoup de capteurs sont alimentés en 5 V par le calculateur ; tu contrôles donc trois choses : le 5 V, la masse, et le signal qui doit varier quand tu fais varier la grandeur mesurée.

Les actionneurs et le calculateur

Le calculateur lit les capteurs, compare avec ses cartographies, et pilote les actionneurs : injecteurs, électrovannes hydrauliques, relais, moteurs pas à pas. Il commande la plupart du temps par la masse, en PWM (impulsions plus ou moins larges) pour doser une électrovanne proportionnelle. Le calculateur surveille aussi chaque circuit : un capteur qui donne une valeur impossible (0 V ou 5 V en permanence), un actionneur dont la résistance est hors plage, un signal absent, tout cela est enregistré comme code défaut. Il passe alors souvent en mode dégradé : puissance réduite, fonction inhibée. Le mode dégradé n'est pas une panne, c'est une protection ; le code te dit où chercher.

Le bus CAN : deux fils pour tout dire

Les calculateurs communiquent par un bus CAN : une paire de fils torsadés, CAN High et CAN Low, sur lesquels circulent des messages numériques. Chaque message porte une identité et des données ; tous les calculateurs écoutent, chacun prend ce qui le concerne. Le bus est terminé par deux résistances de 120 Ω aux extrémités : hors tension, entre CAN H et CAN L, tu dois lire environ 60 Ω. Sous tension, au repos, les deux fils sont vers 2,5 V ; quand le bus transmet, CAN H monte vers 3,5 V et CAN L descend vers 1,5 V, et un multimètre lit une moyenne, un peu au-dessus de 2,5 V pour CAN H, un peu en dessous pour CAN L. Un fil du bus coupé ou en court-circuit fait perdre la communication : le tableau de bord affiche des tirets, le diagnostic ne répond plus. Sur le matériel agricole, un bus normalisé (ISOBUS) permet en plus au tracteur de dialoguer avec l'outil attelé par la prise à l'arrière.

L'outil de diagnostic et les codes défaut

L'outil de diagnostic se branche sur la prise de l'engin, lit les codes défaut mémorisés, affiche les valeurs en direct des capteurs, et pilote certains actionneurs. Un code défaut se lit avec sa description et son état : actif (présent maintenant) ou mémorisé (survenu dans le passé). Un code « circuit ouvert capteur de pression de rampe » ne veut pas dire « capteur mort » : cela veut dire que le calculateur ne voit plus le signal, ce qui vient d'un capteur, d'un fil, d'un connecteur ou du 5 V. C'est là que le multimètre et le schéma prennent le relais de l'outil. Une fois la réparation faite, efface les codes, refais un essai dans les conditions du défaut, et relis : un code qui ne revient pas est une panne réparée.

ne jamais débrancher ni rebrancher un connecteur de calculateur contact mis, ne pas souder sur l'engin sans les précautions ci-dessous, et ne jamais tester avec une lampe à filament sur une entrée de calculateur : les composants électroniques ne pardonnent pas une surtension. Pour souder à l'arc sur le châssis, débranche la batterie et les calculateurs selon la procédure du constructeur.

Astuce

avant de croire un code, regarde les valeurs en direct. Un capteur de température qui affiche −40 °C moteur chaud est déconnecté ; un capteur qui affiche 130 °C moteur froid est en court-circuit. Le sens de l'erreur t'oriente vers le type de défaut.
À retenir
  • un capteur se contrôle par ses trois fils : alimentation, masse, signal.
  • Entre CAN H et CAN L hors tension, environ 60 Ω : les deux terminaisons de 120 Ω en parallèle.
  • Un code défaut désigne un circuit, pas une pièce : c'est le point de départ, pas la conclusion.

Pour aller plus loin

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