Aller au contenu
RAAI Agriculture
Option A : matériels agricoles · cours 4 sur 6 · 5 min de lecture

L'ensileuse automotrice : bec, rotor, éclateur et affûtage

Décrire la chaîne de hachage d'une ensileuse, régler la longueur de coupe et l'éclateur, conduire l'affûtage des couteaux et le réglage du contre-couteau, et organiser l'entretien pendant le chantier d'ensilage.

Élève : se tester sur ce chapitre ↓

Une usine de hachage sur roues

Une ensileuse automotrice de 500 à 900 ch avale 150 à 300 tonnes de maïs à l'heure : elle coupe la plante, la hache en brins de quelques millimètres, éclate les grains et souffle le tout dans une remorque qui roule à côté. Elle travaille en entreprise ou en CUMA, sur des chantiers de 15 heures, et tout le monde dépend d'elle : quand elle s'arrête, quatre tracteurs et le tasseur au silo attendent. Le mécano d'option A intervient sur trois ensembles : le bec ou pick-up à l'avant, le rotor de hachage avec ses couteaux et son contre-couteau, l'éclateur et la goulotte. Le nerf de la guerre, c'est l'affûtage : des couteaux émoussés font consommer 20 à 30 % de carburant en plus et donnent un fourrage mal coupé.

Chemin du maïs dans une ensileuse, de gauche à droite : le bec, les quatre rouleaux d'alimentation avec le détecteur de métaux, le contre-couteau et le rotor à couteaux sous sa meule d'affûtage, les deux rouleaux de l'éclateur, l'accélérateur, puis la goulotte qui vide dans une remorque. Trois encadrés : la longueur de coupe (4 à 30 mm), le rotor (1 000 à 1 200 tr/min, jeu de 0,1 à 0,5 mm, affûtage quotidien en maïs) et l'éclateur (1 à 3 mm, différentiel de 20 à 50 %, contrôle au seau d'un litre).

Le bec et l'alimentation

En maïs, un bec rotatif (4,5 à 9 m, indépendant des rangs) coupe les tiges avec des disques et les amène couchées vers les rouleaux d'alimentation. En herbe, un pick-up ramasse l'andain. Quatre rouleaux (deux lisses, deux dentés, parfois plus) compriment le tapis de fourrage et le poussent vers le rotor à une vitesse réglable : c'est cette vitesse d'alimentation, rapportée à la vitesse du rotor, qui fixe la longueur de coupe théorique (4 à 30 mm). Un détecteur de métaux dans le rouleau inférieur arrête l'alimentation en quelques centièmes de seconde si un bout de fer arrive : il évite de détruire le rotor. On le teste chaque jour avec l'outil de test du constructeur.

Le rotor, les couteaux et le contre-couteau

Le rotor (600 à 750 mm de diamètre, 1 000 à 1 200 tr/min) porte 24 à 56 couteaux en V ou en chevrons, boulonnés sur des supports. Il coupe le fourrage contre un contre-couteau fixe. La qualité de coupe dépend de deux choses : le tranchant des couteaux et le jeu entre couteaux et contre-couteau, de l'ordre de 0,1 à 0,5 mm. L'affûtage se fait sur la machine, avec une meule intégrée qui passe sur les couteaux en rotation ; en maïs, on affûte tous les jours (10 à 30 passes), plus souvent en herbe sale. Après affûtage, on rapproche le contre-couteau (réglage automatique par capteurs à cliquetis ou manuel avec des cales) jusqu'à ce qu'il soit au plus près sans toucher. Un contre-couteau usé se retourne ou se remplace.

l'affûtage se fait depuis la cabine avec toutes les trappes fermées ; on n'ouvre jamais le carter du rotor avant l'arrêt complet vérifié (le rotor tourne en roue libre plus d'une minute). Les couteaux se changent avec des gants anticoupure, et on respecte le couple de serrage indiqué (souvent 150 à 300 N·m) : un couteau qui part à 1 200 tr/min traverse une tôle.

L'éclateur et la goulotte

En maïs, deux rouleaux d'éclateur crantés, à écartement réglable (1 à 3 mm en maïs plante entière, plus serré en maïs grain humide) et à vitesses différentes (différentiel de 20 à 50 %), cassent chaque grain pour que la vache le digère. Un grain entier dans la bouse, c'est un grain payé pour rien. Les rouleaux s'usent (les crans s'arrondissent) et se rechargent ou se remplacent après 1 500 à 3 000 heures selon les conditions. Après l'éclateur, l'accélérateur envoie le fourrage dans la goulotte, dirigée automatiquement vers la remorque. Le conservateur (acide ou bactéries) se dose sur l'ensileuse, en fonction du débit mesuré, et le capteur d'humidité et le débitmètre servent aussi à établir la facture de l'entrepreneur.

Astuce

pour vérifier l'éclateur, remplis un seau de 1 L de fourrage et cherche les grains entiers ou à moitié. Plus de 2 ou 3 grains entiers par litre, il faut resserrer les rouleaux ou augmenter le différentiel.

Entretien pendant le chantier

Chaque jour : affûtage, réglage du contre-couteau, contrôle du jeu de l'éclateur, graissage (souvent centralisé, on vérifie le niveau du réservoir de graisse), soufflage des radiateurs (la poussière de maïs bouche vite les grilles), contrôle des rouleaux d'alimentation (racleurs), test du détecteur de métaux, vérification de l'usure de la goulotte et de sa tôle de fond, et niveau des liquides. Le mécano organise la logistique des pièces d'usure : jeux de couteaux, contre-couteaux, pales d'accélérateur, tôles d'usure. Il prépare aussi la machine au changement de culture (herbe en mai, maïs en septembre) : bec ou pick-up, nombre de couteaux, éclateur en place ou démonté.

À retenir
  • la longueur de coupe vient du rapport entre vitesse d'alimentation et vitesse de rotor.
  • Couteaux tranchants et contre-couteau au plus près : affûtage quotidien.
  • L'éclateur casse le grain ; on le contrôle au seau.

Pour aller plus loin

Vous êtes élève ? Testez-vous sur ce chapitre

6 questions corrigées, chacune avec son explication. Les trois premières se font tout de suite, sans compte ; la suite, avec une classe abonnée ou un compte personnel.

Faire les 3 premières questions

Votre classe ne l’utilise pas ? Avec un établissement abonné, tout s’ouvre et votre formateur voit où chacun en est. Envoyez-lui ce cours :