Pulvérisateur et épandeur : contrôle obligatoire, pompes, buses et hivernage
Décrire le circuit d'un pulvérisateur, préparer la machine au contrôle périodique obligatoire, diagnostiquer pompe et buses, régler un épandeur d'engrais et hiverner ces matériels.
Deux machines de précision
Le pulvérisateur applique des produits phytosanitaires à quelques dizaines de litres par hectare, avec une précision de dose qui se joue à 5 % près ; l'épandeur distribue des engrais à 100 à 400 kg/ha sur 24 à 36 m de large. Dans les deux cas, une machine mal réglée ou mal entretenue coûte cher au client (produit gaspillé, rendement perdu, pollution) et engage sa responsabilité. Le pulvérisateur est en plus soumis à un contrôle technique obligatoire, comme une voiture : le mécano d'option A prépare la machine à ce contrôle et corrige les défauts constatés.
Le circuit de pulvérisation
De la cuve (800 à 6 000 L) à la buse : une crépine d'aspiration, une pompe (à membranes le plus souvent, 100 à 300 L/min), un régulateur de pression (ou une régulation électronique DPAE) qui renvoie l'excédent en cuve pour l'agitation, un filtre de refoulement, les vannes de tronçons et les rampes (12 à 36 m) équipées de buses tous les 50 cm. Le débit par hectare dépend de trois choses : le calibre des buses, la pression (1,5 à 4 bar en général) et la vitesse d'avancement. Une cuve de rinçage, un lave-mains et un incorporateur complètent l'équipement. La régulation électronique mesure le débit et la vitesse et corrige la pression pour garder la dose constante ; ses capteurs (débitmètre, capteur de vitesse) sont à contrôler et à étalonner.
Pompe et buses : les deux organes qui tombent en panne
Une pompe à membranes fatigue : membranes fissurées (l'huile du carter devient laiteuse ou le niveau baisse, l'eau passe dans l'huile), clapets usés (la pression n'atteint plus la valeur ou pulse), roulements. On contrôle l'huile à chaque saison et on change les membranes tous les 2 à 3 ans ou selon les heures. Les buses s'usent par abrasion : une buse usée débite plus (10 à 15 % de plus après quelques centaines d'hectares avec des produits en suspension) et son jet se déforme. Le contrôle est simple : mesurer le débit de chaque buse pendant une minute avec une éprouvette, à pression connue, et comparer à la table du fabricant. Au-delà de 10 % d'écart, on change le jeu complet de buses. Les buses se nettoient à l'air ou à la brosse douce, jamais avec un fil de fer ni à la bouche.
Le contrôle périodique obligatoire
Tout pulvérisateur en service doit passer un contrôle par un organisme agréé, à intervalle régulier (actuellement tous les 3 ans en France, avec un premier contrôle dans les 5 ans de mise en service ; vérifier la réglementation en vigueur). Le contrôleur vérifie l'état général, les fuites, la pompe, le manomètre (comparé à un manomètre étalon), l'agitation, les filtres, la rampe (stabilité, hauteur, absence de déformation), la répartition transversale (mesurée sur un banc à gouttières) et le débit des buses. Le mécano prépare la machine en amont : nettoyage complet (un pulvérisateur sale est refusé), changement du manomètre douteux, des buses usées, des flexibles fissurés, remise en état des sécurités de rampe, remplacement du filtre. Un contrôle refusé se solde par une contre-visite et parfois par l'interdiction de traiter.
L'épandeur d'engrais
L'épandeur centrifuge porte une trémie (1 000 à 4 000 L) qui alimente, par des trappes réglables, deux disques à pales tournant à 700 à 900 tr/min entraînés par PDF. La largeur et la régularité dépendent du réglage des pales, du point de chute de l'engrais sur le disque, du régime, et des propriétés de l'engrais (densité, granulométrie). Les tables du constructeur donnent les réglages par type d'engrais ; les épandeurs récents pèsent la trémie en continu et adaptent l'ouverture des trappes. Maintenance : disques et pales (usure, se changent par paire pour rester symétrique), agitateurs, joints des trappes, vérins et capteurs d'ouverture, cardan et boîtier de renvoi (niveau d'huile). L'engrais est très corrosif : la machine se lave après chaque usage et la peinture se retouche.
Hiverner pulvérisateur et épandeur
Un pulvérisateur laissé avec de l'eau dans la pompe éclate au premier gel. Hivernage : rinçage complet du circuit (cuve, rampes, filtres, buses démontées et nettoyées), vidange, puis passage d'antigel dans tout le circuit (pompe, régulation, rampes) jusqu'à ce qu'il sorte à chaque buse, cuve laissée entrouverte, manomètre et débitmètre à l'abri. On graisse les articulations de rampe et les vérins sortis, on vérifie la pression des pneus et on stocke sous abri. Pour l'épandeur : lavage à grande eau, séchage, graissage des disques, des pales et des trappes, pulvérisation d'un protecteur anticorrosion, boîtier de renvoi vidangé selon la notice, stockage à l'abri sur des cales. Le mécano en profite pour établir la liste des pièces à changer avant la reprise de printemps.
- dose = buses + pression + vitesse ; on contrôle le débit de chaque buse à l'éprouvette et on change le jeu au-delà de 10 % d'écart.
- Contrôle périodique obligatoire du pulvérisateur : la machine se prépare propre, avec manomètre, buses, filtres et sécurités en état.
- Antigel dans tout le circuit avant l'hiver ; lavage et anticorrosion pour l'épandeur.
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