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RAAI Agriculture
Atelier ovins et caprins · cours 3 sur 4 · 6 min de lecture

Santé, bien-être et obligations

Prévenir les principaux troubles de santé des petits ruminants avec le vétérinaire et le GDS, respecter les obligations d'identification, de traçabilité et de registre, et travailler en sécurité avec les animaux.

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Prévenir plutôt que guérir

En élevage de petits ruminants, la santé se gère d'abord par la prévention : bonne alimentation, bâtiments aérés et secs, litière propre, pâturage raisonné, quarantaine des animaux achetés. Vous ne serez pas seul. Dès le premier ovin ou caprin détenu, vous devez désigner un vétérinaire sanitaire, qui réalise les opérations de police sanitaire et de prophylaxie pour le compte de l'État. Votre vétérinaire traitant, souvent le même, établit avec vous un bilan sanitaire de l'élevage et un protocole de soins : c'est le cadre qui encadre les médicaments que vous pouvez utiliser et la manière de les employer. Le GDS, groupement de défense sanitaire, est une association d'éleveurs qui organise des plans de lutte collectifs, conseille et accompagne : prenez contact avec celui de votre département dès l'installation.

À gauche, une tête de mouton vue de face : boucle conventionnelle à l’oreille droite de l’animal, boucle électronique à son oreille gauche ; dessous, dès le premier animal, déclaration à l’EdE, vétérinaire sanitaire désigné et recensement chaque année. À droite, trois étapes : poser les deux boucles au plus tard 6 mois après la naissance et avant toute sortie ; à chaque déplacement, document de circulation et notification sous 7 jours ; tenir le registre d’élevage, conservé au moins 5 ans après l’année de la dernière information.

Le parasitisme et le pâturage

Les parasites internes sont le premier souci sanitaire des troupeaux qui pâturent. Les strongles digestifs se transmettent par l'herbe : les œufs rejetés dans les crottes donnent des larves qui contaminent la prairie. La grande douve est liée aux zones humides, la coccidiose touche surtout les jeunes. Les signes d'alerte : amaigrissement, diarrhée, laine ou poil terne, muqueuses pâles. Traiter tout le troupeau à date fixe a favorisé l'apparition de parasites résistants aux antiparasitaires. On raisonne donc autrement : coproscopie, c'est-à-dire comptage des œufs de parasites dans les crottes, traitements ciblés décidés avec votre vétérinaire, et leviers de pâturage : rotation des parcelles, fauche avant de repâturer, pâturage alterné avec des bovins ou des chevaux, jeunes animaux sur les parcelles les plus saines, zones humides clôturées.

Prophylaxie, vaccination et maladies à connaître

Certaines maladies sont réglementées et font l'objet d'une surveillance organisée par l'État. La brucellose fait l'objet d'une prophylaxie par prises de sang, dont le rythme est fixé par la réglementation ; les très petits détenteurs, cinq animaux ou moins, peuvent demander une dispense à la DDecPP. La tremblante est aussi une maladie réglementée. Pour la fièvre catarrhale ovine, les campagnes de vaccination dépendent de la situation de l'année : suivez les consignes de votre vétérinaire et de votre GDS. D'autres vaccinations sont courantes sans être obligatoires, comme celle contre l'entérotoxémie. Parmi les troubles que vous rencontrerez : piétin, mammites, avortements, ecthyma, et chez la chèvre le CAEV, une maladie virale qui touche notamment les articulations et la mamelle. Des avortements répétés se signalent à votre vétérinaire : les règles de déclaration sont à vérifier avec lui. Aucune de ces maladies ne se traite seul : le diagnostic et le choix du traitement reviennent au vétérinaire.

Identifier et tracer les animaux

Tout détenteur d'ovins ou de caprins déclare son activité à l'établissement de l'élevage, l'EdE, dès le premier animal, et renvoie chaque année un recensement de son cheptel ; vérifiez la date limite auprès de votre EdE. L'identification des ovins et caprins associe une boucle électronique à l'oreille gauche et une boucle conventionnelle à l'oreille droite ; les règles figurent dans l'arrêté du 19 décembre 2005. Elle est réalisée par l'éleveur dans l'élevage de naissance, au plus tard six mois après la naissance et avant toute sortie de l'exploitation. Des dispositifs simplifiés existent pour certains animaux destinés à l'abattoir : vérifiez-les auprès de votre EdE. Tout déplacement hors de l'exploitation est accompagné d'un document de circulation, et chaque mouvement doit être notifié dans un délai de 7 jours, auprès de l'EdE ou sur la base nationale.

Le registre d'élevage

Le registre d'élevage, prévu par l'arrêté du 5 juin 2000, rassemble les informations sur l'exploitation et les animaux : effectifs, mouvements, entretien, interventions et prescriptions vétérinaires, traitements administrés avec leur temps d'attente. Le temps d'attente est le délai pendant lequel le lait ou la viande d'un animal traité ne doivent pas être livrés ou vendus : respectez-le scrupuleusement. Classez les ordonnances avec le registre. Il est conservé sur l'exploitation au minimum cinq ans après l'année de la dernière information enregistrée. En pratique, un cahier bien tenu ou un logiciel d'élevage vous fait aussi gagner du temps pour suivre vos résultats.

Le bien-être animal

L'article L214-1 du code rural pose le principe : tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. La directive européenne 98/58/CE fixe les règles minimales de protection des animaux dans les élevages ; elle prévoit notamment que les animaux dont le bien-être dépend d'une attention humaine fréquente soient inspectés au moins une fois par jour, et qu'un animal malade ou blessé soit soigné sans délai. Concrètement : de la place à l'auge et au couchage, une litière sèche, de l'ombre et un abri au pâturage, un parage des onglons et une tonte réguliers, des manipulations calmes. Les services de l'État, via la DDecPP, contrôlent ces règles.

un bélier ou un bouc peut charger, surtout en période de lutte ; ne lui tournez jamais le dos et ne le laissez pas s'habituer à jouer avec vous. Pour les soins, la tonte ou le parage, utilisez un couloir de contention et, si possible, une cage de retournement : attraper et retourner des animaux à la main use le dos. Certaines maladies des petits ruminants se transmettent à l'homme, comme la fièvre Q, la chlamydiose ou l'ecthyma : portez des gants lors des mises bas et des avortements, lavez-vous les mains, et tenez les femmes enceintes à l'écart des mises bas. La MSA propose des formations à la manipulation et à la contention des ovins.
À retenir
  • vétérinaire sanitaire obligatoire dès le premier animal ; le GDS vous accompagne.
  • Le parasitisme se raisonne : coproscopie, traitements ciblés avec le vétérinaire, gestion du pâturage.
  • Boucle électronique à gauche, conventionnelle à droite, pose au plus tard six mois après la naissance et avant toute sortie ; mouvements notifiés sous 7 jours.
  • Registre d'élevage conservé au moins cinq ans après l'année de la dernière information ; temps d'attente respectés.
  • Bien-être : inspection quotidienne, soins sans délai, manipulations calmes, et sécurité de l'éleveur.

Pour aller plus loin

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