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RAAI Agriculture
Atelier volailles · cours 3 sur 4 · 5 min de lecture

Biosécurité, santé et bien-être des volailles

Construire les bases d'un plan de biosécurité, situer les obligations face à l'influenza aviaire et aux salmonelles, organiser un vide sanitaire et protéger votre propre santé au travail.

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La biosécurité, une affaire de tous les jours

La biosécurité regroupe toutes les mesures qui empêchent un agent pathogène d'entrer dans votre élevage, d'y circuler ou d'en sortir. Elle protège vos volailles, les élevages voisins et votre revenu. Depuis l'arrêté du 29 septembre 2021, tout détenteur de volailles à titre commercial doit tenir un plan de biosécurité : plan de formation, gestion des circulations entre zones propres et sales, plan de nettoyage-désinfection et de vide sanitaire, gestion des cadavres et sous-produits, lutte contre les nuisibles, protection contre les oiseaux sauvages. Le détenteur et le personnel permanent suivent une formation à la biosécurité, dont l'attestation est jointe au plan. Concrètement : un sas avec des tenues et des bottes réservées à l'élevage, un lave-mains, un registre des entrées, et pas de visite d'un autre élevage le même jour sans précaution.

En haut, trois cases reliées par des flèches : dehors, zone sale, puis le sas (tenue et bottes réservées à l’élevage, lave-mains, registre des entrées), puis l’élevage, zone propre. En bas, les cinq étapes numérotées du vide sanitaire : enlever la litière, tremper puis laver sous pression, sécher, désinfecter bâtiment et matériel, laisser vide et sec. Trois rappels suivent : un désinfectant agit mal sur une surface sale, la durée va jusqu’à assèchement complet (au moins deux semaines en ordre de grandeur), le parcours se repose aussi.

L'influenza aviaire : suivre le niveau de risque

L'influenza aviaire hautement pathogène est une maladie virale des oiseaux, portée notamment par les oiseaux sauvages migrateurs. L'État fixe par arrêté un niveau de risque national : négligeable, modéré ou élevé. Les mesures dépendent de ce niveau. Au niveau élevé, les volailles doivent en règle générale être mises à l'abri ou protégées par des filets, avec des seuils et des exceptions fixés par l'arrêté en vigueur. Le niveau change au fil de l'année, et remonte souvent à l'automne avec les migrations : ne vous fiez jamais à ce que vous avez lu il y a quelques mois. Consultez la page « Influenza aviaire : la situation en France » du ministère de l'Agriculture avant chaque mise en place de bande. Pour un élevage en plein air, prévoyez dès la conception un bâtiment capable d'accueillir toute la bande pendant une mise à l'abri. Depuis le 1er octobre 2023, les élevages de plus de 250 canards destinés à la vente doivent aussi les faire vacciner ; les modalités de chaque campagne sont publiées par le ministère.

Les salmonelles chez les pondeuses

Certaines salmonelles se transmettent à l'homme par les œufs. L'arrêté du 27 février 2023 organise leur surveillance dans les troupeaux de pondeuses : au-delà de 250 poules, des prélèvements dans l'environnement de l'élevage sont obligatoires peu après l'arrivée des poulettes, puis régulièrement pendant toute la ponte, selon un calendrier fixé par l'arrêté ; la chambre d'agriculture de l'Aude le résume par un prélèvement toutes les 15 semaines. Un résultat positif entraîne des mesures qui peuvent aller jusqu'à l'abattage du lot. Demandez à votre vétérinaire ou à la DDPP le calendrier exact qui s'applique à votre élevage, y compris si vous restez sous le seuil de 250 poules.

Le vide sanitaire et le rôle du vétérinaire

Entre deux bandes, le vide sanitaire casse le cycle des microbes et des parasites. Il suit un ordre précis : enlèvement de la litière, lavage à l'eau sous pression après trempage, séchage, désinfection du bâtiment et du matériel, puis bâtiment vide et sec. Le lavage demande de l'ordre de 8 litres d'eau par m² en poulet, 12 en dinde et 27 en canard (mesures de l'ITAVI) ; le trempage et le détergent en font économiser. La durée du vide doit permettre un assèchement complet ; en ordre de grandeur, au moins deux semaines. Le parcours se repose aussi, ou la cabane mobile change de place. Au-delà de 250 volailles, vous désignez un vétérinaire sanitaire auprès des services de l'État. C'est lui qui établit un diagnostic et prescrit un traitement si besoin : n'administrez jamais un médicament sans son ordonnance, et notez chaque traitement dans le registre d'élevage.

Le bien-être au quotidien

Une volaille en bonne santé mange, boit, se déplace et explore. Faites au moins une visite par jour, deux en démarrage : regardez la répartition des oiseaux, l'état de la litière, les plumes, la démarche, et comptez les morts. Une litière humide abîme les pattes et favorise les maladies ; une mauvaise ventilation fait monter l'ammoniac. Le parcours doit être attractif : ombre, abris contre les rapaces, points d'eau propres à l'intérieur. Les règles de bien-être applicables à votre cas dépendent du mode d'élevage et de la taille de l'atelier ; votre cahier des charges Label rouge ou bio en ajoute souvent. Un registre bien tenu, avec mortalité, consommations et traitements, est votre meilleur outil pour repérer un problème tôt.

l'air d'un poulailler contient des poussières de litière et d'aliment, des moisissures et des bactéries qui irritent les voies respiratoires. Les volailles peuvent aussi transmettre des zoonoses, des maladies de l'animal à l'homme, comme l'ornithose-psittacose, la campylobactériose ou la salmonellose. La MSA recommande un masque FFP2 et des lunettes pour le curage et la manipulation d'un animal mort, des gants, le lavage des mains après chaque intervention et une douche en fin de journée. Ne mangez ni ne fumez dans le bâtiment. Si vous avez de la fièvre ou des troubles respiratoires, dites à votre médecin que vous élevez des volailles.
À retenir
  • le plan de biosécurité est obligatoire pour tout élevage commercial de volailles depuis l'arrêté du 29 septembre 2021, avec une formation du détenteur.
  • Les mesures contre l'influenza aviaire dépendent du niveau de risque national : vérifiez-le sur le site du ministère, et prévoyez de quoi mettre toute votre bande à l'abri.
  • Au-delà de 250 pondeuses, les dépistages de salmonelles sont obligatoires ; votre vétérinaire vous en donne le calendrier.
  • Nettoyer, sécher, désinfecter, laisser sécher : le vide sanitaire se fait dans cet ordre.
  • Masque FFP2, gants et lavage des mains vous protègent des poussières et des zoonoses.

Pour aller plus loin

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