L'eau dans le sol : infiltration, ruissellement, labour et érosion
Expliquer la différence entre infiltration et ruissellement, justifier le choix de labourer ou non, décrire un phénomène d'érosion.
Deux chemins possibles pour une goutte de pluie
Quand un gros orage tombe sur un champ, l'eau prend l'un de deux chemins. Soit elle s'infiltre : elle pénètre entre les agrégats du sol et descend vers les racines et les nappes souterraines. Soit elle ruisselle : elle glisse en surface, cherche la pente, et s'accumule dans les fossés ou les cours d'eau. Un sol meuble, bien structuré par la matière organique et les galeries de vers de terre, absorbe beaucoup d'eau avant de saturer. Un sol tassé par le passage répété d'engins lourds, ou dont la surface s'est croûtée après plusieurs pluies, laisse ruisseler l'eau presque tout de suite, même sur une pente faible.
Pourquoi on laboure
Labourer, c'est retourner la couche superficielle du sol avec une charrue, en général sur 20 à 30 cm de profondeur. Ça enfouit les résidus de la culture précédente et les mauvaises herbes, ce qui limite leur reprise, et ça ameublit un sol tassé pour faciliter le semis suivant. Sur certaines terres argileuses lourdes, un labour d'hiver expose de grosses mottes au gel, qui les fait éclater naturellement en petits agrégats au printemps : c'est ce qu'on appelle le gel structurant. Chez ton maître de stage, tu verras peut-être une charrue de trois ou quatre corps tirée par un tracteur, chaque corps retournant une bande de terre d'environ 35 à 45 cm de large.
Pourquoi certains ne labourent plus
Le labour a un coût : il consomme du carburant, du temps, et il retourne aussi les vers de terre et détruit une partie de leurs galeries, ce qui fragilise la structure du sol sur le long terme. Depuis une vingtaine d'années, de plus en plus d'agriculteurs du Sud-Ouest pratiquent le non-labour ou le travail simplifié du sol : on ne retourne plus la terre, on se contente de la griffer en surface avec un déchaumeur, et on sème parfois directement dans les résidus de la culture précédente, avec un semoir spécial. Résultat : moins de passages, une meilleure infiltration de l'eau, mais un désherbage plus délicat, car les graines de mauvaises herbes ne sont plus enfouies.
L'érosion, quand le sol part avec l'eau
Sur une parcelle en pente, un sol nu et tassé après un labour d'automne peut perdre plusieurs tonnes de terre par hectare lors d'un seul orage violent : l'eau qui ruisselle emporte les particules les plus fines, souvent les plus riches en matière organique, et creuse parfois des rigoles profondes appelées ravines. Cette terre perdue ne se refait pas en une saison : il faut des dizaines d'années pour reconstituer quelques centimètres de sol fertile. Pour limiter l'érosion, on peut garder un couvert végétal en hiver, travailler le sol dans le sens des courbes de niveau plutôt que dans le sens de la pente, ou implanter des bandes enherbées le long des cours d'eau.
- un sol meuble infiltre l'eau, un sol tassé ou croûté la fait ruisseler.
- Le labour ameublit et enfouit les résidus mais fatigue la vie du sol ; le non-labour la préserve mais complique le désherbage. L'érosion emporte la terre la plus fertile et se prévient en couvrant le sol.
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