Aller au contenu
RAAI Agriculture
Atelier maraîchage biologique · cours 3 sur 6 · 5 min de lecture

Semis, plants et implantation

Choisir entre semis direct et plantation de mottes, calculer un nombre de plants, préparer un lit de semence sans retourner le sol, conduire un faux-semis et choisir un paillage.

Élève : se tester sur ce chapitre ↓

Semer en place ou planter

Chaque légume a son mode d'implantation préféré. Les racines, comme la carotte, le radis, le panais ou la betterave en botte, se sèment en place : elles supportent mal le repiquage. La plupart des autres, salades, choux, poireaux, tomates, courgettes, se plantent à partir de plants élevés en pépinière. Le plant a trois avantages : il gagne trois à six semaines sur la parcelle, il démarre plus vite que les adventices, et on ne met en terre que des plantes vigoureuses. Son coût : une pépinière chauffée ou au moins protégée, du terreau, du temps d'arrosage quotidien. Beaucoup de maraîchers produisent leurs plants ; d'autres les achètent à un producteur de plants bio, ce qui soulage le printemps mais coûte plus cher.

Une planche de 30 m vue de dessus porte 3 rangs de poireaux espacés de 12 cm sur le rang. Dessous, le calcul posé : 30 ÷ 0,12 = 250 plants par rang, × 3 rangs = 750 plants, plus 10 à 15 % de réserve ; à côté, pour des salades à 30 cm : 30 ÷ 0,30 = 100 par rang, 300 par planche. Un bandeau donne la règle : plants = longueur ÷ écartement × nombre de rangs, puis 10 à 15 % de réserve.

Mottes et plaques alvéolées

Deux techniques dominent. La motte pressée : une motteuse compresse du terreau en cubes de 3 à 5 cm, dans lesquels on sème une ou plusieurs graines ; pas de contenant, la racine s'arrête à l'air au bord de la motte et le plant repart vite à la plantation. La plaque alvéolée : des plaques de 77 à 240 trous environ, réutilisables, qu'on remplit de terreau ; pratique, facile à déplacer, mais l'alvéole se dessèche plus vite. Dans les deux cas, le terreau doit être utilisable en bio. La température de germination compte : tomates, poivrons et aubergines demandent souvent plus de 20 °C, d'où un tapis chauffant en fin d'hiver, alors que la laitue germe mal au-delà de 25 °C. Endurcissez les plants quelques jours à l'extérieur avant la plantation.

Calculer ses plants

Le nombre de plants découle de la densité. Exemple fictif : une planche de 30 m portant trois rangs de poireaux espacés de 12 cm sur le rang. Par rang : 30 ÷ 0,12 = 250 plants ; pour trois rangs : 750 plants. Ajoutez 10 à 15 % de plants de réserve pour remplacer les manquants. Pour les salades à 30 cm sur trois rangs : 30 ÷ 0,30 = 100 par rang, 300 par planche. En semis direct, on raisonne en grammes de graines ou en graines par mètre ; le semoir de précision, à main ou à pousser, règle l'écartement. Notez chaque série dans votre cahier de culture : date, variété, lot de semences, nombre de plants, date de plantation. Ce cahier sert à la fois à votre pilotage et au contrôle bio.

Travailler le sol en surface

Beaucoup de maraîchers bio ont abandonné le labour et même le passage répété de la fraise rotative, qui détruit la structure et remonte des graines d'adventices. Sur des planches permanentes, où l'on ne roule jamais, le sol reste meuble : une grelinette, sorte de fourche-bêche à deux manches, l'ameublit en profondeur sans le retourner, puis un râteau ou un outil à dents prépare le lit de semence sur quelques centimètres. Le compost s'apporte en surface. En plus grande surface, un tracteur enjambeur ou des outils attelés à l'empattement des planches font le même travail. L'objectif est double : garder la vie du sol et limiter le stock de graines d'adventices remonté à la surface.

Le faux-semis

Le faux-semis consiste à préparer le lit de semence comme si l'on allait semer, à l'arroser ou attendre la pluie, puis à laisser lever les adventices. Au bout de dix à quinze jours environ, selon la température, on les détruit par un travail très superficiel, un ou deux centimètres, ou par un passage de désherbeur thermique, sans remonter de nouvelles graines. On sème ou on plante aussitôt. On peut répéter l'opération deux fois avant une culture lente à lever et peu concurrentielle, comme la carotte. C'est l'une des techniques les plus rentables du maraîchage bio : quelques heures de préparation économisent des heures de binage à la main.

Pailler et occulter

Le paillage couvre le sol autour des cultures pour bloquer les adventices et garder l'humidité. Toile tissée réutilisable percée aux écartements voulus, film biodégradable, paille, foin ou bois raméal fragmenté : chacun a son usage. Les paillages organiques nourrissent le sol mais peuvent abriter limaces et campagnols ; les toiles se réutilisent plusieurs années et accélèrent la plantation. L'occultation est une variante : une bâche opaque posée plusieurs semaines sur une planche préparée fait germer puis mourir les adventices et décompose les résidus ; on retire la bâche et on plante sans retravailler le sol. Pensez aux déchets : les films plastiques usagés doivent être collectés par une filière de recyclage agricole.

À retenir
  • racines en semis direct, la plupart des autres légumes en plants.
  • Nombre de plants = longueur de planche ÷ écartement × nombre de rangs, plus 10 à 15 % de réserve.
  • Planches permanentes et travail superficiel préservent la structure et limitent les adventices.
  • Faux-semis et occultation font lever puis détruisent les adventices avant la culture.

Pour aller plus loin

Vous êtes élève ? Testez-vous sur ce chapitre

6 questions corrigées, chacune avec son explication. Les trois premières se font tout de suite, sans compte ; la suite, avec une classe abonnée ou un compte personnel.

Faire les 3 premières questions

Votre classe ne l’utilise pas ? Avec un établissement abonné, tout s’ouvre et votre formateur voit où chacun en est. Envoyez-lui ce cours :