Ravageurs, maladies et adventices des légumes en bio
Reconnaître les principaux ravageurs et maladies des légumes, mettre en place une stratégie de prévention, utiliser filets et auxiliaires, et organiser le désherbage mécanique et thermique.
Prévenir d'abord
En bio, les produits de protection sont peu nombreux et agissent surtout en préventif. La stratégie repose donc sur la prévention, qu'on appelle prophylaxie : rotation par famille, variétés tolérantes ou résistantes, plants sains, densités qui laissent circuler l'air, fertilisation équilibrée, car un excès d'azote attire les pucerons, arrosage au pied, élimination des déchets de culture malades. Ensuite viennent les barrières physiques et les auxiliaires, puis, en dernier recours, les produits autorisés. Observez vos cultures chaque semaine, feuilles retournées : un foyer repéré tôt se gère, une invasion généralisée se subit. Notez ce que vous voyez, avec la date, dans votre cahier de culture.
Les principaux ravageurs
Les pucerons colonisent presque tous les légumes, surtout au printemps ; ils affaiblissent les plantes et transmettent des virus. Les altises, petits coléoptères sauteurs, criblent de trous les feuilles des jeunes brassicacées, radis, roquette ou navet, surtout par temps sec et chaud. La mouche de la carotte pond au collet et ses larves creusent des galeries dans la racine. Les chenilles de noctuelles et de piérides dévorent choux et salades. Sous abri, les aleurodes, petites mouches blanches, et les acariens tétranyques, favorisés par la chaleur sèche, sont les plus fréquents. Les limaces attaquent les jeunes plants, surtout sous paillage organique en saison humide. Les campagnols, enfin, rongent racines et bulbes sous les paillages et dans les planches peu dérangées. Pour chacun, apprenez à reconnaître l'insecte adulte, sa larve et les dégâts caractéristiques : c'est ce qui vous permet d'agir au bon moment et avec le bon moyen.
Filets et auxiliaires
Le filet anti-insectes, à mailles fines, posé dès le semis ou la plantation, empêche physiquement altises, mouche de la carotte, mouche du chou et piérides d'atteindre la culture. Il doit être bien fermé sur les bords, sinon il devient un piège où les ravageurs se multiplient à l'abri. Les auxiliaires font le reste. En plein champ, ce sont les coccinelles, syrphes, chrysopes et petites guêpes parasitoïdes, qu'on attire avec des haies, des bandes fleuries et l'absence d'insecticides à large spectre. Sous abri, on peut lâcher des auxiliaires d'élevage : des punaises prédatrices contre les aleurodes, des acariens prédateurs contre les tétranyques, des parasitoïdes contre les pucerons. Ces lâchers marchent en préventif ou dès les premiers foyers, pas sur une invasion installée.
Les maladies
Le mildiou de la tomate et de la pomme de terre se développe par temps humide et doux : taches brunes sur les feuilles et les fruits, qui peuvent détruire une culture en quelques jours. La laitue a son propre mildiou. Le botrytis, ou pourriture grise, profite de l'humidité stagnante et des blessures, sous abri surtout. L'oïdium, feutrage blanc, touche courgettes et concombres en fin d'été. La hernie des crucifères, qui déforme les racines des choux, se conserve des années dans le sol : seule une rotation longue la limite. Contre les maladies du feuillage, l'aération, l'arrosage au pied et l'effeuillage du bas des tomates sont la première défense. Le cuivre et le soufre, autorisés en bio avec des restrictions, restent des compléments préventifs, pas une solution de rattrapage.
Maîtriser les adventices
En maraîchage bio, le désherbage peut représenter une part importante du temps de travail, surtout sur les cultures lentes comme la carotte ou l'oignon. L'enjeu est d'intervenir tôt, au stade où les adventices sont des filaments blancs ou n'ont que leurs cotylédons : un passage suffit alors, alors qu'une semaine plus tard il faut arracher à la main. Les outils : binette et houe maraîchère à pousser pour les petites surfaces, herse étrille et bineuses attelées pour les plus grandes. Le désherbeur thermique brûle les jeunes adventices ; sur carotte, on le passe juste avant la levée de la culture, après avoir repéré les premières carottes sous une vitre posée sur la planche. Combinez avec le faux-semis, le paillage et une rotation de quatre blocs : chaque planche ne revoit une même famille qu'au bout de quatre ans.
- prévention d'abord : rotation, variétés, aération, arrosage au pied, observation hebdomadaire.
- Filets anti-insectes contre altises et mouches, auxiliaires attirés en plein champ ou lâchés sous abri.
- Cuivre et soufre : autorisés en bio avec des restrictions, en préventif.
- Désherber tôt, au stade filament blanc ; le thermique sur carotte se passe juste avant la levée.
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