Sous abri et en plein champ
Conduire l'aération et le climat d'un tunnel, dimensionner un besoin d'eau et choisir entre goutte-à-goutte et aspersion, et organiser les cultures d'été et d'hiver sous abri.
Pourquoi des abris
Sous un tunnel plastique, on gagne plusieurs semaines au printemps et à l'automne, on protège les cultures de la pluie qui propage les maladies du feuillage, et on produit en hiver des légumes feuilles que le plein champ ne donne pas. Pour un maraîcher en vente directe, les abris régularisent l'offre : ils fournissent les tomates, poivrons, aubergines et concombres de l'été et les salades, épinards et jeunes pousses de l'hiver. Un ordre de grandeur courant : 10 à 20 % de la surface cultivée sous abri, qui peut produire une part bien plus grande du chiffre d'affaires. En contrepartie, l'abri coûte cher à l'achat, demande un entretien et une surveillance quotidienne, et le plastique se remplace tous les quelques années. Avant d'investir, vérifiez aussi les règles d'urbanisme de votre commune et les aides à l'investissement possibles, auprès de la chambre d'agriculture : un grand tunnel peut demander une déclaration préalable, et les programmes d'aide changent régulièrement.
Aérer et gérer le climat
Dans un tunnel fermé au soleil, la température monte très vite : elle peut dépasser 40 °C en été. La tomate pousse bien vers 20 à 25 °C ; au-delà d'environ 30 à 35 °C, la fécondation des fleurs se fait mal. L'autre ennemi est l'humidité : la condensation sur les feuilles, la nuit et au petit matin, favorise le mildiou et le botrytis. La règle pratique : ouvrir tôt le matin pour évacuer l'humidité, avant que le soleil ne chauffe, et fermer en fin d'après-midi quand l'air se refroidit, pour garder de la chaleur. Les tunnels ont des ouvrants latéraux, parfois des pignons ouvrants ; en hiver, on aère aussi les jours doux. Un thermomètre mini-maxi et un hygromètre dans chaque tunnel valent plus qu'un calendrier.
Irriguer au goutte-à-goutte
Sous abri, il ne pleut jamais : tout vient de l'irrigation. Le goutte-à-goutte, par gaines ou tuyaux avec des goutteurs espacés de 20 à 30 cm, apporte l'eau au pied des plantes, sans mouiller le feuillage ; c'est la technique de référence pour les cultures d'été. Son efficience est élevée, car peu d'eau s'évapore ou part hors des racines. Il demande un filtre pour éviter le bouchage et une pression régulière. Pour dimensionner, on raisonne en litres par mètre carré et par jour : une tomate adulte sous abri en plein été peut consommer de l'ordre de 3 à 5 L/m²/jour. Exemple fictif : un tunnel de 400 m² à 4 L/m²/jour demande 1 600 litres par jour. Vérifiez votre ressource en eau et, pour un forage ou un prélèvement, les obligations de déclaration auprès de la DDT.
L'aspersion en plein champ
L'aspersion arrose toute la surface comme une pluie. Elle convient aux cultures denses et aux semis : carottes en levée, radis, salades, épinards, et elle rafraîchit les cultures en été. Elle a deux défauts : une part de l'eau s'évapore ou part avec le vent, et le feuillage mouillé favorise les maladies. On arrose donc de préférence tôt le matin, pour que les feuilles sèchent dans la journée. Beaucoup de maraîchers combinent les deux systèmes : aspersion pour la levée des semis et les légumes feuilles, goutte-à-goutte pour les cultures longues et espacées. Un programmateur et un compteur d'eau par secteur permettent de savoir ce qu'on apporte réellement.
Été et hiver sous abri
Le tunnel porte deux saisons. L'été, les cultures longues : tomates palissées, concombres, poivrons, aubergines, melons, plantés d'avril à mai selon la région et récoltés jusqu'en octobre. L'hiver, les cultures courtes qui supportent le froid : mâche, laitues d'hiver, épinard, jeunes pousses, radis, blettes, plantées en septembre et octobre. L'enchaînement est serré : on arrache les cultures d'été pour planter l'hiver, puis on libère la place au printemps. Des plants prêts au bon moment évitent les tunnels vides. Attention à la rotation : si vous remettez des solanacées chaque été au même endroit, maladies du sol et nématodes s'installent. Alternez tomates avec cucurbitacées, et intercalez si possible un engrais vert.
- ouvrir tôt le matin, fermer en fin d'après-midi : on chasse l'humidité et on garde la chaleur.
- Goutte-à-goutte pour les cultures d'été sous abri, aspersion pour les semis et les légumes feuilles.
- Besoin en eau = surface × litres par m² et par jour.
- L'abri enchaîne cultures longues l'été et cultures courtes l'hiver ; la rotation y reste indispensable.
Pour aller plus loin
Vous êtes élève ? Testez-vous sur ce chapitre
6 questions corrigées, chacune avec son explication. Les trois premières se font tout de suite, sans compte ; la suite, avec une classe abonnée ou un compte personnel.
Faire les 3 premières questionsVotre classe ne l’utilise pas ? Avec un établissement abonné, tout s’ouvre et votre formateur voit où chacun en est. Envoyez-lui ce cours :